L’industrie de l’amidon, très dépendante du gaz, réclame de meilleures aides face à la flambée des prix. Elle souhaite aussi être classée en secteur « essentiel ».
Les aides aux énergo-intensifs sont « mal profilées », a souligné le président de l’Usipa (amidonniers) Claude Risac, lors d’une conférence de presse le 29 septembre. Ce dispositif gouvernemental, autorisé par Bruxelles, vise à atténuer la pression inflationniste pour les entreprises grandes consommatrices de gaz et d’électricité. Les amidonniers en bénéficient peu : seulement 500 000 euros ont été consommés par leur industrie, sur une enveloppe de 3 milliards d’euros, d’après l’Usipa. Or le secteur est gazo-intensif, représentant 19 % du gaz consommé par l’ensemble de l’agroalimentaire (derrière les sucreries à 22 % et à égalité avec les laiteries à 19 %). Et sa facture explose, avec un poste énergie qui atteint désormais 20 % à 30 % du prix de revient de l’amidon (contre 10 % à 15 % l’an dernier). Le syndicat réclame un prolongement du dispositif d’aide au-delà du 31 décembre 2022, une enveloppe multipliée par deux, la révision des critères d’éligibilité. Une autre revendication porte sur les volumes d’approvisionnement en gaz. « Le moindre rationnement signifierait une baisse symétrique de notre production », explique-t-il, avec pour conséquence « des pénuries en cascade chez nos clients de l’alimentaire ou de la santé ». Pour en être exemptés, les amidonniers veulent être classés parmi les secteurs « essentiels ».
Stratégie de décarbonation
L’amidonnerie fait valoir sa transition écologique. Intensive en énergie, elle consomme essentiellement du gaz naturel, n’utilisant plus le charbon depuis des années. La recherche d’efficacité énergétique est constante sur les sites de production amidonniers, revendique l’Usipa. Des investissements ont ainsi été réalisés pour réduire la consommation par le biais de la cogénération à haut rendement. En 2022, les amidonniers ont lancé leur feuille de route stratégique de décarbonation. Objectif : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 35 % entre 2015 et 2030. Les efforts engagés sur différents sites ont déjà permis une baisse de 12 % en cinq ans, soit 168 000 tonnes de rejets de CO2 évités. Maintenir cette trajectoire dépend du niveau d’accompagnement pour moderniser l’outil industriel, de l’accès à une énergie décarbonée, avance le syndicat.
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L’Usipa alerte aussi sur les prix des matières premières agricoles, qui ont doublé depuis juin 2020. Ce poste représente désormais 50 à 70 % des coûts de production de l’amidon (contre 40 à 55 % auparavant). L’impact de la sécheresse fait craindre une nouvelle pression inflationniste. Ainsi en pomme de terre, une baisse de la récolte est annoncée avec -20 %, « peut-être plus encore » en fécule, non irriguée. Or « aucune substitution n’est possible localement ».