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Fleur de chanvre : l’interprofession appelle à la prudence

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Un décret autorisant la récolte de la fleur de chanvre est attendu pour le premier semestre. L’interprofession appelle à la prudence les producteurs qui voudraient semer cette culture durant le printemps avec la fleur pour seul débouché.

L'interprofession du chanvre, rencontrant le 29 janvier la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), s'est entendu dire que le décret autorisant la récolte de l’inflorescence de chanvre sur le territoire français est attendu pour le premier semestre. Ce texte doit permettre aux producteurs français de chanvre d’en commercialiser la fleur en vue d’extraire du cannabidiol, ou CBD, une molécule aux vertus relaxantes et considérée comme non-stupéfiante.

L’interprofession appelle à la prudence les producteurs qui voudraient semer du chanvre au printemps avec le CBD comme seul débouché, car l’autorisation de récolter devrait être assortie de conditions qui pourraient avoir trait aux variétés ou aux itinéraires culturaux. Ce décret devrait par ailleurs encadrer la transformation et la distribution de CBD en France. Un récent jugement de la Cour de justice européenne (CJUE), en novembre 2020, enjoignait la France à autoriser la commercialisation de CBD, estimant que la molécule n’avait pas de propriété stupéfiante.

Harmonisation européenne

Un travail est par ailleurs en cours au niveau européen pour harmoniser les règles des États membres concernant la commercialisation du CBD, a confié la Mildeca à l’interprofession. Le travail se fera produit par produit (p.ex. alimentation, cosmétique) et devrait prendre, quant à lui, « de longs mois ». Un décalage qui fait craindre à l’interprofession que la production française ne démarre avant que le marché ne soit « mature ». D’autant, observe Interchanvre, que les prix du CBD (autour de 1 000 euros le kilo) ont fortement chuté ces derniers mois, en raison de la constitution de stocks importants sur le marché mondial.

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Malgré quelques nuages à l’horizon concernant la rentabilité, l’horizon semble résolument ouvert, alors que des craintes s’étaient fait jour courant 2020, suite à des travaux préliminaires de la Commission européenne plus hostiles au CBD. Finalement, suite au jugement de la CJUE en décembre, Bruxelles avait revu ses conclusions, déclarant que la molécule ne devrait pas être considérée comme une drogue au sens de la Convention unique des Nations unies sur les stupéfiants. Un temps suspendues, les demandes de mises sur le marché de produits à base de CBD ont repris le processus d’autorisation.

À la même période, l’ONU avait décidé de supprimer le cannabis du Tableau IV de la Convention de 1961 sur les stupéfiants, qui était réservé aux substances « aux propriétés particulièrement dangereuses » et ne présentant peu ou pas de propriétés thérapeutiques.

Des stocks importants sur le marché mondial