Il y a quelques années, on se serait tous « levés pour Danone », croyait-on, lorsque PepsiCo semblait un prédateur menaçant pour le n°1 de l’alimentaire français. Nos amis britanniques, ces jours-ci, ont failli le faire pour défendre Cadbury, l’un des repères incontournables, avec le fameux « Creme Egg », de la culture alimentaire Outre Manche. Pourtant rien n’a empêché le leader mondial des bonbons, aussi n°2 des chewing gum et n°5 du chocolat, de tomber dans l’escarcelle de l’américain Kraft. En fait, les hommes politiques se sont contentés de déclarations attristées sur le sort de la deuxième marque la plus populaire au Royaume-Uni, et les salariés d’un baroud d’honneur d’une journée dans le centre de Londres. Et les actionnaires, eux, ne votent pas avec leur fibre patriotique, encore que 40 % des actions, dit-on, étaient dans des portefeuilles américains...
Toute proportion gardée, la fierté des Espagnols pourrait être mise à mal au cours des grandes manœuvres qui agitent leur industrie laitière. Le fromage le plus typique de tradition hispanique, le Manchego, qui est la première AOC de la péninsule, vient d’être abandonné par le groupe Forlasa. L’heureux repreneur, le français Lactalis, déjà très présent en Espagne avec la marque Président mais aussi avec Lactel, devient ainsi le n°1 du fromage dans le pays. Et les choses ne devraient pas en rester là puisque le groupe Ebro Puleva a décidé de se recentrer sur le riz et les pâtes, où il a acquis des positions de numéro 1 et 2 mondial : sa branche laitière lui donne trop de souci et ne semble pas intéresser de repreneurs espagnols. Le paysage du secteur serait donc redessiné par des candidats de taille européenne. Et l’on songe aussitôt au danois Arla, à l’italien Parmalat, mais bien sûr aussi encore à Lactalis…

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