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Fleurs coupées : de forts taux de résidus de pesticides

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L’association de consommateurs Que Choisir a jeté le trouble dans la filière en révélant la présence de résidus de pesticides dans les fleurs coupées importées mais aussi françaises.

Le magazine Que choisir tire la sonnette d’alarme sur la présence de pesticides dans les fleurs coupées. Début janvier, le média a acheté quinze bouquets de fleurs (cinq de gerbéras, cinq de roses et cinq de chrysanthèmes), en grande distribution, en boutique et sur Internet. En laboratoire, il a procédé à la recherche de 600 résidus de pesticides différents, se focalisant sur les substances reconnues par les agences sanitaires françaises ou européennes comme possiblement ou certainement dangereuses. Que choisir a identifié, dans chaque bouquet, de 7 à 46 résidus de pesticides différents, parmi lesquels près de 12, en moyenne, constituent possiblement ou certainement un danger pour la santé. « Et si les concentrations semblent un peu plus faibles, en moyenne, dans les gerbéras que dans les roses et les chrysanthèmes, il n’en reste pas moins qu’aucune des trois espèces n’est épargnée », souligne l’association. Les fleurs françaises ne sont pas exclues : quatorze résidus de pesticides, dont sept présentant un danger pour la santé avéré ou suspecté (perturbateur endocrinien, cancérogène ou encore délétère pour la fertilité ou le fœtus) ont été trouvés.

Réaction rapide de la profession

Le ministère de l’Agriculture a regretté « une lacune de la réglementation européenne » en soulignant que « l’absence de législation européenne sur la présence de résidus sur des biens non destinés à l’alimentation constitue un facteur bloquant ». L’enquête de UFC-Que Choisir intervient alors que plusieurs études (Anses, Valhor) ont été lancées sur la présence de pesticides au stade du détail.

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Dans un communiqué de presse, l’interprofession horticole (Valhor) a précisé qu’il lui est impossible de se prononcer sur l’étude en elle-même, ne connaissant pas le protocole utilisé par l’UFC-Que Choisir, et rappelle son adhésion en 2023 au consortium international FSI (Floriculture Sustainability Initiative), promouvant des standards durables. De son côté, l’Union nationale des fleuristes énumère certaines initiatives existantes en matière transparence : indication des origines sur les factures des grossistes, organisation des Assises de la Traçabilité… « L’information existe déjà mais elle ne nous parvient pas toujours, ou de manière parcellaire. Une fois que cette information sera uniformément transmise à tous les grossistes et donc aux fleuristes, alors cette transparence permettra à chacun de faire un choix éclairé », explique-t-elle. La fédération française des artisans fleuristes assure que les fleuristes en formation apprennent à limiter les risques : « Il y a des cours qui permettent de protéger le fleuriste dans la manipulation au niveau des végétaux », précise Farell Legendre, son président.

Le ministère de l’Agriculture a regretté « une lacune de la réglementation européenne »