Abonné

Fleury Michon : résultats semestriels en demi-teinte et réorganisation

- - 5 min

Le spécialiste de la charcuterie et des plats cuisinés Fleury Michon n’a pas échappé au contexte difficile lié au Covid-19 durant le premier semestre. S’il a amélioré son résultat opérationnel courant, des charges non récurrentes ont pesé sur le bénéfice net. Le groupe a par ailleurs annoncé son désengagement total de la société Piatti Freschi Italia, au profit de l’italien Beretta, son partenaire dans cette filiale à 50%. Les dirigeants n’ont pas donné de prévisions chiffrées pour l’ensemble de l’exercice en cours.

Fleury Michon a enregistré au premier semestre de son exercice 2020, une hausse de 8 % de son chiffre d’affaires à 376,7 millions d’euros (dont +4,1 % à périmètre constant) sous l’effet notamment de l’intégration du groupe Marfo en juillet 2019. Si les effets du Covid-19 ont tiré les ventes de charcuterie et surimi en GMS, ils ont par contre lourdement pénalisé les activités de catering aérien et de livraison de plateaux-repas. Le résultat opérationnel courant (ROC) s’améliore à 9,4 millions d’euros, contre un résultat négatif de 5,3 millions d’euros à la même période de 2019, grâce « à la hausse des volumes sur les activités de charcuterie et surimi, à une stabilisation des cours des matières premières, une meilleure maîtrise des coûts logistiques et de production et une réduction des coûts fixes », explique l’entreprise. Une évolution du ROC « encourageante » selon le nouveau directeur administratif et financier, Philippe Teisseire.

Des charges non récurrentes ont en revanche pesé sur le résultat opérationnel qui ressort négatif à hauteur de 3,5 millions d’euros (contre -5,7 M€ au premier semestre 2019). Ces charges sont liées à une dépréciation de l’intégralité de la survaleur de la société Fleury Michon Amérique, spécialisée dans le catering aérien, pour 5,3 millions d’euros et une dépréciation d’actifs courants auprès de la filiale Piatti Freschi Italia (détenue à 50 % avec l’italien Beretta) à hauteur de 6,1 millions d’euros (lire aussi l'encadré), ainsi qu’à la prime exceptionnelle de 1,1 million d’euros versée aux salariés en juillet 2020. Au final, Fleury Michon creuse sa perte nette consolidée, qui atteint 13,3 millions d’euros, contre -8,8 millions d’euros au premier semestre 2019.

Concentration sur le cœur de métier

Au niveau du bilan, le groupe affiche un endettement net de 113,0 millions d’euros, contre 140 millions d’euros au 30 juin 2019 (et 123,5 millions d’euros au 31 décembre 2019). Une situation financière qui « reste saine » selon Fleury Michon, avec un gearing (taux d’endettement net sur capitaux propres) de 64,0 % au 30 juin 2020, contre 64,3 % au 31 décembre 2019 et 63,0 % au 30 juin 2019.

Les dirigeants, qui ne donnent pas de prévisions chiffrées pour 2020, prévoient de maintenir les investissements nécessaires à la poursuite de la production du groupe, afin qu'il soit prêt quand l’activité repartira. « Il est essentiel pour nous de préserver un bon niveau de trésorerie et de capex », a insisté Philippe Teisseire. Au niveau de l’activité, ce dernier estime que « le pôle services devrait repartir plus vite que le catering, dont l’activité est conditionnée à la reprise des vols longs courriers ». En attendant un retour à la normale, le groupe se concentre sur ses piliers que sont le surimi, le jambon et les plats cuisinés, tout en cherchant de nouveaux débouchés pour la livraison de repas, dans les hôpitaux et les bureaux notamment.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

plats cuisinés
Suivi
Suivre

Et concernant la sanction pécuniaire de 14,8 millions d’euros dont il a écopé par l’Autorité de la concurrence en juillet, aux côtés de plusieurs intervenants du secteur pour entente sur les prix dans la charcuterie, Fleury Michon prépare toujours son dossier d’appel (Agra Alimentation du 23 juillet 2020).

Fleury Michon sort de Piatti Freschi Italia

Quelques jours après la publication de ses résultats semestriels, Fleury Michon a annoncé son désengagement total dans Piatti Freschi Italia, la société mère du groupe PFI, spécialiste de la fabrication et de la commercialisation de plats cuisinés frais. Le français a annoncé le 16 septembre avoir signé un protocole d’accord pour céder l’intégralité de sa participation de 50% dans cette filiale « à la société Mariofelice S.P.A., société mère du groupe Beretta », son partenaire depuis plusieurs années.

Interrogé à l’automne dernier dans nos colonnes sur l’avenir de ses partenariats (en Espagne, le groupe est associé à 50/50 avec Mercadona, dans Platos Tradicionales), comme moyen de redresser la barre, Fleury Michon avait répondu qu’une évolution capitalistique n’était pas à l’ordre du jour (Agra Alimentation du 26 septembre 2019). Mais entre temps, est arrivé le Covid-19 et ses conséquences économiques, qui ont encore un peu plus retardé l'heure de la reprise pour le groupe. La rationalisation de ses activités est donc une solution aujourd'hui.

Fleury Michon précise qu'il donnera plus d'indications sur l'impact financier de cette cession, dès sa finalisation d'ici quelques semaines.