Fleury Michon proposera désormais des jambons de volaille estampillés « sans conservateurs », grâce à un procédé qui permet de remplacer l’érythorbate de sodium et le nitrite de sodium par des ingrédients issus des plantes. Cette innovation, qui permet de donner une image plus naturelle aux produits, sera également appliquée à terme à toute la gamme de jambon de porc de la marque. Dès le 2 janvier, un jambon de porc bio « sans conservateur » sera d’ores et déjà disponible en GMS.
Pour « nourrir sa marque », Fleury Michon développe son savoir-faire. Le groupe de Pouzauges vient d’annoncer le lancement d’un jambon de volaille sans conservateur. « Une première sur le marché», claironne Abel Coria, directeur adjoint et directeur commercial de sa branche charcuterie. Fleury Michon se passe donc d’érythorbate de sodium et de nitrite de sodium, additifs aux noms barbares qui n’avaient pas fini d’effrayer le chaland, et désormais bannis des étiquettes de leur jambon de volaille. Pour remplacer ces conservateurs, « nous sommes allés chercher dans les plantes ce qu’il y a de meilleur», explique simplement Patrick Le Rüe, directeur marketing du groupe. Seul indice : l’indication « ferments » fera juste son apparition sur les étiquettes.
Surcoût négligeable
Trois ans de recherche ont été nécessaires pour mettre au point ce procédé qui s’inscrit dans le prolongement de l’une des cinq règles de la charte nutritionnelle de la marque établie il y a 6 ans : « Limiter les additifs et les substituer par des ingrédients naturels ». Déjà, en 2004, Fleury Michon a remplacé les arômes de ses produits par l’utilisation de fonds de volaille et de légumes. Une évolution que justifie une étude Ifop de 2004 mise en avant par le groupe, selon laquelle « les consommateurs sont en attente de 3 qualités nutritionnelles principales : sans conservateurs (à 30 %), teneur en sel réduite (à 11 %), allégé en matière grasse (à 10%) ». « Les Français sont de plus en plus soucieux de leur équilibre alimentaire et ils vérifient de plus en plus souvent les informations nutritionnelles des produits», renchérit Patrick Le Rüe. Cette nouvelle recette de salaison, qui représente un surcoût de production « inférieur à 1 % du prix de revient, totalement pris en charge par Fleury Michon », selon Abel Coria, donne un côté moins chimique au jambon de volaille, qui plus que le jambon de porc souffre d’une image de produit industriel. Autre atout : les DLC restent inchangées, tout comme la conservation après ouverture.
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Un procédé étendu à toute la gamme
Mais le jambon de volaille n’est qu’un galop d’essai. Le dirigeant explique que Fleury Michon « tente d’abord ce chantier sur les produits de volaille» – sur lesquels la crise de la grippe aviaire « n’a pas eu d’incidence », précise-t-il. A terme, le jambon de porc de la marque devrait bénéficier du même procédé de fabrication. En raison des volumes de production conséquents et du rôle de l’érythorbate de sodium et du nitrite de sodium dans la couleur rose et dans le goût de la salaison du produit, l’adaptation reste cependant plus délicate. Ne représentant que 0,25 % des ventes de jambon du groupe, le jambon de porc bio est déjà converti : dès le 2 janvier 2006, il sera estampillé « sans conservateurs ».
Pour promouvoir ses innovations et sa gamme « plaisir et équilibre » – 6 à 7% des ventes de jambon du groupe, qui s’appuie sur la filière Bleu Blanc Cœur et propose des produits à teneur en sel réduite –, Fleury Michon a d’ores et déjà prévu d’investir environ 1 million d’euros dans une campagne publicitaire télévisuelle au printemps prochain.