Embrouillamini : quel devenir le groupe italien Unichips réserve-t-il à sa filiale Flodor Industrie ? Repreneur de la société dans les années mille neuf cent quatre-vingt-dix, le groupe, propriétaire par ailleurs des Biscuits Gardeil, se défend d’avoir envisagé de déménager, en catimini, la totalité de son usine de Péronne dans la Somme. Certes, l’outil connaît une baisse d’activité depuis plusieurs années, qui a motivé, fin 2002, 80 suppressions d’emplois. Il n’empêche : le démantèlement d’une ligne de production de chips et de plusieurs machines, et leur transfert en Italie laissent songeur. Après remise des ateliers aux normes de sécurité, l’activité devait reprendre le 26 août.
Le procédé mis en œuvre par Unichips et la famille Vitaloni n’est pas sans rappeler, à une moindre échelle, l’épisode vécu récemment par le groupe Metaleurop, souligne-t-on. Il n’a pas étonné outre mesure tel spécialiste des entreprises, qui se souvient de la marque Flodor, leader du marché au moment de son rachat, et ravalée aujourd’hui, selon lui, au rang de « petite marque ». Pourtant, souligne un professionnel du secteur, avant la dernière campagne, qui a vu la réduction des effectifs de l’entreprise, les marques nationales Vico (groupe Intersnack), Flodor et Croky (PepsiCo) se tenaient « dans un mouchoir de poche ».
Baisse d’activité
En dépit des rumeurs qui circulaient depuis quelques années, poursuit-il, il semblait, au regard de la politique marketing et d’innovation de Flodor, qu’Unichips tenait à sa marque et à son usine hexagonale. En 2002, en lançant Vivalia, l’industriel italien avait souhaité, expliquait-il alors, re-segmenter le marché avec une chips plus respectueuse de l’équilibre nutritionnel. Cela étant, le marché français de la chips, qui représente dans les grandes surfaces hexagonales quelque 27 300 tonnes selon IRI Secodip, est très bataillé et revient, pour moitié, aux marques de distributeurs. Difficile dans ces conditions de réaliser des bénéfices, et Flodor en dégageait moins que ses grands concurrents, souligne une autre source.
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L’entreprise, qui avait affiché en 2001 un chiffre d’affaires de 54,9 millions d’euros, n’avait plus le vent en poupe depuis quelque temps déjà. Au cours de la campagne 2002-2003, elle avait traité environ 28 000 tonnes de pommes de terre, livrées conjointement par un groupement de producteurs et par des coopératives, et prévoyait d’en réceptionner 20 à 22 000 tonnes cette année, selon l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT). De plus, précise-t-on, une partie de ces volumes n’était plus transformée à Péronne, mais expédiée vers les outils d’Europe du Sud, en Italie, Espagne ou Portugal. Quant à la fabrication de chips, qui en 2000-2001 avait été supérieure à 16 000 tonnes, elle a avoisiné au cours de la dernière campagne à peine 7 000 tonnes, auxquelles s’ajoutent les spécialités et croûtons. Les deux tiers environ étaient commercialisés sur le marché italien.
Dans ce contexte, Unichips, adepte d’une gestion et d’un management très centralisé, a-t-il souhaité précipiter le mouvement, sans se soucier du droit français du travail ? La profession, de même que les 200 salariés de Péronne, veulent espérer en la pérennité du site.