Florette, leader européen des végétaux frais prêts à l’emploi, a acheté, au travers de sa filiale Soleco UK, la société britannique Salads To Go, spécialiste de la salade fraîche prête à l’emploi sur le marché des MDD et du food service. Sa nouvelle acquisition lui apporte un chiffre d’affaires de 33,3 millions d’euros, portant à plus de 90 M EUR les activités britanniques du groupe français et à 10 le nombre de ses sites de fabrication en Europe.
Florette, filiale du groupe coopératif Agrial spécialisée dans la 4e gamme, vient de conclure le rachat auprès de ses fondateurs de 100% de l’activité de la société britannique Salads To Go. Créé en 2000 initialement à Manchester par Stephen Rogers et Julie Bolton qui l’ont relocalisée depuis à Skelmersdale dans le Lancashire, ce spécialiste de la salade fraîche prête à l’emploi réalise un chiffre d’affaires de 30 millions de livres (33,3 M EUR) pour une production de 8000 tonnes.
Avec cette acquisition, Florette renforce son implantation au Royaume-Uni, lui permettant d’asseoir sa position d’acteur majeur sur le marché anglais et d’y poursuivre sa croissance.
C’est sur le marché britannique que Florette a amorcé dès 1999 son expansion hors de l’Hexagone avant de la poursuivre par étapes en s’implantant en Espagne, au Portugal, en Italie et récemment en Suisse. Outre-Manche, Soleco UK occupait déjà une position forte, y réalisant 60 millions de livres sur un marché GMS estimé à 250 M £ mais dominé par les marques distributeurs. La filiale d’Agrial y a développé surtout la marque Florette, de loin la première marque avec 10 % de part de marché.
Au moment où le groupe ressent un certain tassement de ses ventes et affronte une très vive concurrence, il lui importait de conserver l’initiative, explique Louis-Marie Le Coutour, directeur général de Florette : « Le rachat d’un spécialiste des MDD comme Salads To Go répond tout à fait à notre stratégie sur le marché anglais ». Cette entreprise lui apporte un complément de portefeuille, une clientèle MDD et food service non négli-geable ainsi qu’un début de diversification dans les fruits frais préparés en barquettes. En plus de son site de Lichfield dans le Staffordshire, Soleco UK s’adjoint 8 lignes de production employant 300 salariés à Skelmersdale dont la capacité de production avoisine les 10 000 tonnes, de quoi faire grimper sa part de marché de 12 à près de 20 %.
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Une affaire en croissance
Le patron de Florette table aussi sur des synergies en matière d’approvisionnement et une meilleure spécialisation des outils. L’affaire dans laquelle Stephen Rogers et Julie Bolton vont conserver une mission de développement, connaissait une belle croissance puisqu’elle a doublé son activité depuis 2006. Si elle ne dégageait bon an mal an que 3 à 6 % d’EBE, c’est un ratio que « nous allons nous atteler en priorité à améliorer », assure L-M. Le Coutour. Sans dévoiler le montant de la transaction, il avoue en avoir limité le coût puisque Florette sera seulement locataire de ce site qui est d’ailleurs déjà ancien.
Ainsi se confirme la politique de création de valeur qu’a toujours su mener Florette et qui suppose désormais de s’implanter plus avant dans de nouveaux pays hors de France, même si cela conforte aussi, en saison, les débouchés des agriculteurs normands adhérents d’Agrial.
Déjà en 2008, Florette SAS a su trouver sa croissance à l’étranger en se dotant d’un deuxième site en Espagne, en créant une usine en Italie et en reprenant une affaire en Suisse : son chiffre d’affaires total a encore augmenté sur l’exercice de 3,4 % à 348 millions d’euros, dont 158 M en France-Belgique-Allemagne, 96 M en Espagne-Portugal, 56 M en Grande-Bretagne, 17 en Suisse et 10 en Italie, à quoi il faut ajouter les 10 M EUR de l’activité Créaline.
En effet, sur le marché français de la 4 e gamme, Florette n’a pas échappé à sa baisse de valeur alors que les volumes progressaient. Depuis le début 2009, la croissance est meilleure, entre 3 et 4 %, mais elle est due à la cherté de la 1 ère gamme. Le défi à relever, selon Louis-Marie Le Coutour, est de faire d’un tel transfert conjoncturel de la consommation un facteur de recrutement durable de nouveaux acheteurs.