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Légumes prêts à l'emploi Florette prend pied sur les terres de Bonduelle

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Le groupe Florette, filiale du groupe coopératif Agrial (1,4 milliard d'euros de CA avec 5 000 salariés), va se doter, à Cambrai, d'une cinquième usine – la troisième dans l'Hexagone – dans le fief de son compétiteur Bonduelle. Ce site lui permettra de faire face à sa croissance : les ventes du groupe, qui s'étaient établies à 140 millions d'euros en 2000, ont bondi l'année suivante à 201 millions, dopées par le rachat de l'espagnol Vega Mayor, et à 240 millions en 2002. Loin de s'arrêter en si bon chemin, Florette table, pour l'exercice actuel, sur une hausse de 13% environ.

 L'usine, qui sera opérationnelle au courant de l'année 2004, requiert un investissement de 20 millions d'euros. D’une superficie de 5 500 mètres carrés, elle emploiera à terme 300 personnes, mais, pour l'heure, sa capacité n'a pas été précisée. Pour cette implantation, Florette a porté son choix sur l'Actipôle de Cambrai, au cœur d'un bassin de consommation important, à proximité de marchés limitrophes en constante augmentation, et dans le souci d'une optimisation logistique pour « un meilleur service aux clients », fait-il valoir. Pour son approvisionnement, le groupe s’appuiera sur les productions locales, à hauteur de la moitié de sa capacité. « La collaboration avec les exploitants locaux doit devenir incontournable » , assure Louis-Marie Coutour, président du directoire.

Compétition sur un marché dynamique

Florette prend ainsi pied dans les terres de Bonduelle, qui, pour sa part, ne dispose pas actuellement d'une unité de production de légumes prêts à l'emploi dans sa région d'origine. Son usine la plus septentrionale en France est installée à Saint-Mihiel, près de Verdun. Le leader européen du légume transformé ne laisse pas pour autant les mains libres à son grand concurrent normand sur les marchés du Nord de l’Europe. Après avoir fait ses premiers pas dans le frais outre-Rhin, en 2001, il s’est lui-même doté d’un site à Spaerten, dans le Nord-Ouest de l’Allemagne, tout à la frontière des Pays-Bas.

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Les deux opérateurs posent donc progressivement leurs marques dans ce secteur dynamique du frais. Florette, qui se targue d’assurer 17% des fabrications sur le marché européen, réalise 45% de ses ventes hors de France, avec des dispositifs industriels au Royaume-Uni et en Espagne. Quant à Bonduelle Frais, qui a enregistré en 2001-2002 un CA de 210,3 millions d'euros, en hausse de 39%, il se développe fortement en Italie, où il a implanté une nouvelle usine dans le Sud, et désormais en Allemagne.

Dans l’Hexagone, Florette conserve son avance : la marque disposait, selon Nielsen, début juin 2002 en cumul sur douze mois, d’une part de 20,5% en valeur, contre 11,8% pour la marque numéro deux Bonduelle.

Florette, qui produit annuellement 49 000 tonnes de végétaux prêts à l’emploi, a en 2002 injecté 12 millions d’euros dans ses sites existants, à Lessay en Normandie, l’Isle-sur-la-Sorgue dans leVaucluse, Lichfield au Royaume-Uni et Milagro en Navarre. En 2003, hors l’investisement de Cambrai, il prévoit de leur consacrer 20 millions d’euros.