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Agriculture biologique Fnab : les aides ne sont pas à la hauteur des ambitions

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Le gouvernement fait preuve pour l’agriculture biologique d’ambitions qui risquent de ne pas être atteintes, s’est inquiétée la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), lors de son congrès le 30 mars à Amiens (Somme). Les aides, jugées insuffisantes, sont versées avec retard. La confiance des agriculteurs pourrait en souffrir.

Atteindre 6% de la SAU française en bio en 2012 est peu probable en l’état actuel des aides, a estimé Dominique Marion, le président du syndicat. Par manque de moyens et manque de sécurité financière. Les mesures agri-environnementales (MAE) sont financées avec retard depuis plusieurs années. A fin mars 2011, elles n’ont pas encore été payées pour l’année 2010, mettant des exploitations en difficulté. Las de réclamer, le syndicat étudie une action à Bruxelles pour contraindre la France à mieux respecter les délais.
D’autre part, le passage des aides (en faveur de l’agriculture biologique) du deuxième au premier pilier de la Pac, a entraîné un calcul à la surface qui défavorise les petites exploitations (moins de 50 hectares) majoritaires en agriculture biologique. Le ministre a promis une compensation qui n’a encore trouvé aucune traduction concrète.
Autre sujet d’inquiétude : la circulaire qui fixe chaque année le cadre de paiement des aides européennes n’est toujours pas parue pour 2011. La Fnab voudrait un conventionnement sur plusieurs années pour sécuriser les producteurs.

Conversions : la courbe croit moins vite en 2011

Le syndicat se demande si l’ensemble de ces difficultés ne décourage pas les candidats à la conversion car la croissance des conversions ralentit depuis début 2011. Alors même qu’elle devrait accélérer pour atteindre en 2012 les surfaces fixées par le plan Barnier.
Aussi, la Fnab propose que soient créés des « pôles de conversions », réunissant tous les acteurs concernés afin de faciliter les démarches des agriculteurs en dehors de tout clivage idéologique.
Elle se bat pour que les aides à la structuration de la filière qui lui sont versées par le ministère de l’Agriculture ne soient divisées par deux (45 000 euros en 2011 au lieu de 90 000 euros en 2010) alors que le développement du secteur demande une forte implication dans ce domaine.
Elle demande encore que les cotisations obligatoires versées au Compte d’affectation spécial développement agricole et rural (CASDAR) ou aux interprofessions soient utilisées au profit de la filière AB. Les producteurs laitiers bio par exemple versent à l’interprofession laitière 680 000 euros par an qui ne leur reviennent pas intégralement.
« Nous finançons le développement de l’agriculture conventionnelle alors que nos besoins en recherche et développement sont importants », s’insurge Dominique Marion, président de la Fnab.
Pourtant l’agriculture biologique est de plus en plus reconnue pour ses « aménités positives » comme les nomme la Fnab. Elle a prouvé son efficacité pour récupérer la qualité des eaux dans les zones sensibles à un coût bien inférieur à celui de la dépollution.
« Selon une étude d’AgroParisTech en Ile-de-France, l’agriculture biologique permet d’économiser en moyenne 150 euros/ha et jusqu’à 900 euros/ha comparé au coût de la dépollution», explique t-on à la Fnab. « L’agriculture biologique devrait être appliquée sur tous les champs captants », a estimé Dominique Marion.
« A t-on peur du succès de la bio ? », s’interroge le président de la Fnab, notant que d’autres secteurs de l’agriculture sont mieux considérés, notamment les biocarburants « qui bénéficient d’une niche fiscale de 196 millions d’euros » et que « le grand emprunt fournira 150 000 euros aux recherches sur les OGM ».

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