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Producteurs de fruits à cidre FNPFC : l'essor des débouchés rassure les producteurs

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Les producteurs de fruits à cidre (pommes, poires) sont encouragés par l'essor de leurs débouchés depuis quelques années, mais sont conscients qu'ils peuvent être doublés par des firmes aux moyens nettement supérieurs aux leurs. C'est un des points forts de l'assemblée générale de la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre (FNPFC , qui s'est tenue le 3 juin à Lieury, dans le Calvados.

IMAGE rajeunie du cidre en France, développement des « ciders » (plus sucrés et plus alcoolisés que les cidres français) dans les pays anglo-saxons, émergence des jus de pommes pétillants en Afrique du Nord. Mais « qui empêcherait un brasseur mondial d'implanter un cider qui serait en concurrence directe » avec les cidres nés dans les terroirs français?, s'est interrogé Thomas Pelletier, président de la FNPFC, lors de l'assemblée générale de la fédération qui s'est tenue le 3 juin au lycée agricole de Lieury, dans le Calvados.

Ouverture de nouveaux marchés dans de multiples pays

En France, l'image du cidre a rajeuni. Les campagnes de communication menées par la profession expliquent en partie ce regain, ainsi que le renouvellement de l'offre, à destination d'une cible plus jeune.

AOC : la FNPFC contre le taux de 35% de haute tige

L'assemblée générale de la FNPFC a laissé apparaître une opposition de la fédération à l'application au 1er janvier 2015 du cahier des charges de l'AOC Calvados, qui impose un taux minimal de 35% de pommiers « haute tige », traditionnels. La FNPFC estime ce taux trop élevé. Elle souhaite même l'absence de seuil. « La hauteur des troncs nous regarde peu », s'est exclamé Thomas Pelletier. « Nous avons parmi nous 25 producteurs-transformateurs qui n'ont pas de verger haute tige. Même en replantant en haute tige, leur verger n'entrerait en production que 10-15 ans après », a-t-il expliqué. Jusque là, ces producteurs-transformateurs bénéficient d'une dérogation.

Cette dérogation pourrait être mise à mal avec l'européanisation des cahiers des charges en 2015. En effet, en réduisant le taux de pommiers haute tige, ou bien en achetant des pommes issus de pommiers haute tige à d'autres producteurs, les 25 producteurs-transformateurs risqueraient de perdre l'appellation fermière, selon Thomas Pelletier.

Par ailleurs la FNPFC souhaite que les producteurs soient représentés au sein d'un collège à l'Idac, l'interprofession du calvados.

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Les pays anglo-saxons (Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Australie, Nouvelles-Zélande, Afrique du Sud) observent le développement des « ciders », qui titrent à 6-7 degrés, marché en croissance, a commenté Pierre Magnan, directeur de la FNPFC. Deux industriels majeurs sont acteurs sur ce marché : Heineken, brasseur belgo-brésilien, numéro un mondial, et C&C, groupe irlandais fabricant de cidre.

La consommation de cidre progresse également en Espagne, pays qui achète plusieurs milliers de tonnes de pommes à la France.

En outre, les pommes à cidre sont achetées de plus en plus par des fabricants de concentré de jus de pommes, matière première de base utilisée dans de nombreux jus de fruits.

Enfin, la coopérative normande Agrial exporte un jus de pommes pétillant pour les pays du Maghreb, a précisé son vice-président Jean-Luc Duval.

Les ambitions du Royaume-Uni

Les producteurs de fruits à cidre subissent moins la concurrence des écarts de triage des pommes qu'il y a dix ans, en raison de la réduction du verger dédié à la pomme de table. En revanche, les producteurs français suivent de près des ambitions du Royaume-Uni, qui replante. La France est néanmoins toujours le premier pays producteur mondial de pommes à cidre, avec 210 000 tonnes annuelles. Devant l'intérêt accru du marché pour le cidre, le lycée agricole de Lieury ouvrira une nouvelle formation en arboriculture fruitière, spécialité « production de pommes et poires de transformation », en septembre prochain, a indiqué Guillaume Le Bigot, responsable du contre de formation pour adultes. Cette formation pour adultes se déroulera sur 350 heures de septembre à juin. Débouchés : responsable de verger, candidat à une reprise de verger, exploitant en diversification. Par ailleurs, le cidre se développe à l'Est du Bassin parisien. Les marchés belge et allemand étant importants, l'usine d'Agrial à Chaource (Aube), passera d'une capacité de transformation de pommes de 5 000 à 15 000 tonnes à la récolte prochaine.