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FNSEA et JA en branle contre la « déconsidération » du monde agricole

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Les syndicats majoritaires se mobiliseront le 22 octobre, notamment contre les distorsions de concurrence provoquées par les accords commerciaux Ceta et Mercosur. Un mot d’ordre qui suivra d’un mois celui lancé par une vingtaine de fédérations locales de la FNSEA contre les ZNT, le 23 septembre.

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) ont annoncé le 18 septembre une mobilisation générale contre la « déconsidération » du monde agricole le 22 octobre. « Il y a un sentiment de déconsidération qui est spectaculaire », a déclaré Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, à l’AFP, évoquant le « mal-être » général des agriculteurs, et notamment l’incendie qui a touché le 17 septembre une exploitation dans l’Orne. Parmi les premiers sujets de mécontentement, l’accord commercial UE-Canada (Ceta) « et indirectement l’accord UE-Mercosur, avec une mobilisation [s’adressant à] nos parlementaires et nos sénateurs », a indiqué Arnaud Gaillot, secrétaire général des JA. L’élu a également évoqué le démarrage dès mercredi et durant tout l’automne d’actions « à la rencontre du consommateur », pour les sensibiliser sur l’origine des produits qu’ils achètent.

Dénonçant les « distorsions » de concurrence engendrées par ces accords commerciaux, Jérôme Despey a évoqué une « distorsion de plus » à propos du projet gouvernemental de mise en place de zones de non-traitement. Le 18 septembre, les organisations syndicales ont indiqué qu’elles « soutiennent » les actions contre la mise en place des ZNT lancées par une partie de leur réseau. Le secrétaire général de la FNSEA a exprimé le souhait d'« arriver à une forme de convergence de toute cette colère » par des rassemblements « dans tous nos départements le 22 octobre ». Il a également évoqué une action au niveau européen le 15 novembre.

Des feux dans les campagnes

À l’appel de la FRSEA Grand Bassin Parisien, une vingtaine de fédérations locales de la FNSEA a annoncé le lancement d’actions « à partir du 23 septembre » pour s’opposer à l’arrêté sur les zones de non-traitement, mis en consultation par le gouvernement du 9 septembre au 1er octobre. Les agriculteurs vont « déverser des détritus sur les axes des grandes villes » et « allumer des feux dans les campagnes », précise à Agra Presse Cyrille Milard, président de la FDSEA de Seine-et-Marne. « Nous voulons montrer que trop, c’est trop », ajoute-t-il.

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« Nous refusons de discuter de toute nouvelle " ZNT riverains " », ont indiqué la FRSEA et les JA d’Île-de-France dans un communiqué de presse du 12 septembre. « Au motif de " réconcilier " les agriculteurs avec leurs concitoyens, le gouvernement va produire par cette mesure exactement l’inverse », estiment les organisations syndicales franciliennes. D’après elles, « dans un contexte de crise, ces distances représenteraient un manque à gagner de plus de 20 % sur les exploitations agricoles. »

La FNSEA veut « arriver à une forme de convergence » sur les distorsions de concurrence

Indignation après l’incendie de trois poulaillers dans l’Orne

Trois poulaillers ont été incendiés à Charencey (Orne) dans la nuit du 16 au 17 septembre, a rapporté la presse locale. Ces bâtiments vides totalisaient 2 200 m². La « thèse accidentelle est exclue », a estimé le parquet d’Alençon, qui a ouvert une enquête. Dans un communiqué du 17 septembre, la FNSEA, les JA et Aviculteurs de France ont dénoncé un « incendie criminel », remarqué que « les bâtiments ont été ouverts par effraction » et pointé « des signes évidents d’une préméditation méticuleuse ». Les trois bâtiments incendiés sont éloignés les uns des autres et les inscriptions « assassin » et « camp de la mort » ont été retrouvées sur les murs. Le 17 septembre, une soixantaine d’agriculteurs, plusieurs parlementaires et la préfète de l’Orne ont participé à un rassemblement de soutien autour d’Emmanuel Prévost, l’éleveur touché. Celui-ci est « un exploitant qui est dans une démarche de dialogue, ouvrant ses portes lors de l’opération Fermes ouvertes », indiquent les Jeunes agriculteurs de l’Orne sur leur page Facebook. « Je veux dire clairement la condamnation par l’État de ce genre d’actes qui sont intolérables », a déclaré le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, qui s’est rendu sur place le 18 septembre.