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Pour les leaders français des produits laitiers, la Normandie est une région clé, tant en termes de collecte que de marketing.
Le lait normand, c’est 3,5 milliards de litres, soit 15 % de la collecte en France. Le secteur laitier représente en Normandie plus du quart des emplois des IAA, particulièrement importantes dans l’économie régionale. A eux seuls, Bongrain et Lactalis pèsent 60 % de la collecte. Les cinq premiers acheteurs (sur 54 au total) pèsent 80 % des achats. Si le lait normand bénéficie d’une bonne image, il est pénalisé par un coût de production élevé. « La Normandie, c’est près d’un milliard de litres de lait pour nous quand Parmalat en pèse quatre », souligne Michel Nalet à titre de comparaison.
La région n’est pas moins stratégique pour Bongrain : « La Normandie représente plus du quart de notre collecte mondiale, explique Daniel Chevreuil. La production y a des atouts de naturalité, d’environnement et bénéficie de l’image de la Normandie. La marque Elle&Vire est associée à la France et à la Normandie. »
Même écho chez Lactalis. « Nous souhaitons défendre l’image de la Normandie. Elle a un lien très fort avec l’image de la qualité du lait. Nous voulons tirer vers le haut l’image de la Normandie », précise Michel Nalet. « Pas une visite de nos clients des pays tiers qui ne passe par la Normandie », ajoute-t-il.
Daniel Chevreuil va plus loin. Il plaide pour relancer le débat sur l’IGP, sans vouloir préciser pour quelles raisons. La question du camembert « fabriqué en Normandie » versus. « de Normandie » vient naturellement à l’esprit. Les industriels montent immédiatement au créneau. « Les deux appellations bénéficient l’une de l’autre. Il serait ridicule de vouloir mettre en péril 100 000 tonnes pour 4 000 t », souligne l’un d’entre eux. Les Maîtres Laitiers du Cotentin veulent également rouvrir le dossier de l’IGP. « Dans un marché très concurrentiel, il faut réfléchir aux moyens de préserver notre compétitivité. La France a choisi de favoriser l’aménagement du territoire, nous faisons maintenant face à des pays qui ont favorisé l’intégration verticale », souligne Jean-Yves Duplenne.
Si la Normandie semble devoir remporter les suffrages des marketeurs, elle ne suffira pas à valoriser toute la production. « Il faut travailler sur deux axes : la stratégie et le marketing sur les produits comme le fromage, le beurre et la crème ; les produits du marché mondial avec les poudres de lait », conclut Daniel Chevreuil.
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