Spécialiste de la viande in vitro, la start-up japonaise Integriculture vient de lever 7,4 millions de dollars, notamment auprès du fonds américain AgFunder, qui a relayé l’information fin mai. Les fonds seront utilisés à des fins de recherche, mais aussi pour la construction d’un bio-réacteur « à échelle commerciale », en vue de mettre ses premiers foies gras in vitro sur le marché dès l’année prochaine. « Baisser les coûts des milieux de culture est l’un des principaux challenges pour toute start-up de viande in vitro, et Integriculture a trouvé la solution la plus élégante à ce problème », commente Rob Leclerc, co-fondateur d’AgFunder. Cette solution, c’est donc de développer la version in vitro d’un produit animal très onéreux et controversé pour ses modes de production : le foie gras. En France, la start-up Gourmey (ex-Meet Suprême) travaille également sur un foie gras in vitro au Genopole d’Evry. Mais elle n’a pas encore dévoilé l’avancée de ses travaux.
L’annonce intervient alors que la filière foie gras n’est pas au mieux. Durant la période de confinement, elle a essuyé des pertes – tout au long de la filière – estimées « entre 45 et 50 millions d’euros », selon Marie-Pierre Pé, la directrice de l’interprofession du foie gras (Cifog), interrogée par Agra Presse le 3 juin. Le foie gras a vu « 60 % de ses débouchés » disparaître à cause de la fermeture de la restauration hors domicile (RHD) durant le confinement. Et cette perte en restauration « n’a pas été rattrapée » par les ventes en grandes et moyennes surfaces (GMS), explique Marie-Pierre Pé, même si le constat serait moins négatif pour les autres produits que le foie gras, comme le magret. Cette fermeture des débouchés s’est ressentie tout au long de la filière, explique le Cifog, entraînant des baisses d’activité dans les abattoirs, mais aussi un ralentissement des mises en place dans les élevages et des destructions chez les accouveurs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Baisser les coûts des milieux de culture est l’un des principaux challenges »