Qui irait se plaindre d’une augmentation sans pareil du prix du foncier agricole et rural, comme celle qui est constatée en France ces dernières années. Les maires ? Certainement pas puisque le phénomène reflète l’arrivée de nouvelles populations à fort pouvoir d’achat. L’Etat ? Lui non plus n’ira pas contre une évolution qui implique plus de rentrées fiscales. Les agriculteurs ? Si les jeunes sont confrontés à des coûts d’installation plus élevés, la majorité des exploitants et/ou propriétaires ruraux y voient l’occasion de revaloriser un patrimoine précieux lors du départ à la retraite.

Non, on ne voit pas beaucoup de communiqués s’inquiétant de cette flambée du foncier rural ou prévoyant une politique visant à maîtriser les coûts du foncier. Et pourtant, il s’agit peut-être d’une des principales menaces qui guettent l’activité agricole de ce pays.

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Un foncier hors de prix, c’est d’abord un obstacle considérable pour l’installation et donc le rajeunissement de la population agricole. C’est aussi un écueil de plus pour toute tentative de diversification vers des activités consommatrices de surfaces agricoles. C’est, encore, la mort de l’agriculture périurbaine ou en zone littorale, là où la pression foncière émanant des citadins est plus vive qu’ailleurs. C’est, enfin, l’occasion d’affrontements et de conflits d’usage lorsque les nouveaux venus refusent les inconvénients inhérents à l’activité agricole.

Il ne faut pas se voiler la face : hier, la hausse du prix des terres était le fruit de revenus agricoles en bonne forme ; aujourd’hui, c’est à la fois la cause et l’illustration d’une disparition progressive de la population agricole. Les maires de communes rurales et tous ceux qui vivent dans ces régions devraient se méfier du phénomène : il n’y aura pas de région rurale vivable et vivante sans agriculteurs.