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Congrès international Fonder la légitimité des terroirs vitivinicoles sur la science

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Fonder la légitimité des terroirs sur la science et non sur l’opinion, tel a été la trame du 9e congrès international des terroirs vitivinicoles, qui s’est tenu du 25 au 29 juin successivement à Dijon et à Reims.

Le 9e congrès international des terroirs vitivinicoles, qui s’est tenu à Dijon du 25 au 27 juin, puis à Reims les 28 et 29 juin, a eu pour objet de faire le point sur la recherche relative aux terroirs, afin de fonder leurs légitimité, à l’OMC entre autres, sur la science et non sur l’opinion. « Les travaux scientifiques portant sur les terroirs et les produits qui en sont issus confortent leur protection particulière, lui donnent toute sa légitimité et nous aident à fonder les arguments sur la science et non sur l’opinion dans des enceintes de négociations multilatérales où il ne faut jamais laisser le souci des nécessaires compromis prendre le pas sur les fondamentaux », a déclaré Jean-Louis Buer, directeur général de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), à l’ouverture du congrès.

L’enjeu : consolider la notion de terroirs à l’OMC
L’enjeu de ce congrès, qui a réuni environ 200 chercheurs agronomes, œnologues, géologues, pédologues, historiens et quelques sociologues, est de consolider la notion de terroirs, notion qui est régulièrement discutée et disputée à l’OMC. « Les produits d’origine (définis à l’OMC comme indications géographiques au sein desquels s’inscrivent nos appellations d’origine contrôlée) occupent en effet une part importante dans le marché mondial, avec des règles strictes et une place particulière dans le droit de la propriété intellectuelle à l’OMC. Ces produits, au-delà de leur évidente et structurante valeur économique, sont vecteurs de valeurs culturelles, patrimoniales, paysagères voire environnementales », a précisé Jean-Louis Buer.
Ce congrès a été organisé par l’Université de Bourgogne, sous l’égide de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (Oiv) et en partenariat avec l’INAO, l’Inra, le CNRS. L’OIV publie des résolutions, qui servent de référence lors de litiges à l’OMC, par exemple sur la définition d’un terroir. Ainsi, l’organisation internationale a adopté en 2010 une définition du terroir vitivinicole, avec ses critères de sol, de climat, de microbiologie des sols, de biodiversité et de savoir-faire collectif et d’histoire. Des chercheurs sont venus à ce congrès des États-Unis, du Brésil, de Nouvelle-Zélande, d’Espagne, d’Italie, de Hongrie.
Ce congrès a été l’occasion d’étudier des cas pratiques, comme la délimitation en cours de l’aire du champagne et la reconquête du paysage viticole par l’AOC des vins de Moselle. Sur ce dernier point, l’AOC « Moselle », à travers sa récente reconnaissance, « affiche une forte valeur patrimoniale, et dépasse le simple domaine de la production viticole, pour s’inscrire dans une démarche intégrée d’aménagement du territoire à travers des actions de valorisation et de protection du paysage induit », a indiqué Édith Toulemonde Le Ny, de l’INAO.

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