L’idée de créer un fonds privé de soutien aux producteurs de porcs (abondé par la grande distribution et la restauration hors domicile) a reçu l’aval des acteurs de la grande distribution, à la sortie d’une réunion le 8 février à Matignon. Cependant, ce projet reste suspendu aux avis de l’autorité de la concurrence française et de plusieurs instances européennes.
« Il mouille sa chemise », assure le président de l’interprofession porcine. C’est désormais le président de la FNSEA Xavier Beulin, lui-même, qui négocie directement avec les représentants de la distribution et de la restauration, la mise en place d’un fonds de soutien aux producteurs de porc. À la sortie d’une réunion à Matignon le 8 février, ceux-ci ont expliqué à la presse qu’ils avaient accepté l’idée de créer ce fonds, mais que ce projet restait conditionné aux avis d’autorités administratives. Contacté le 9 février, Xavier Beulin se déclare « très prudent » sur ce dossier qui fait l’objet de « discussions difficiles », selon lui. Ces discussions portent sur la création d’un fonds « d’urgence, exceptionnel et temporaire » géré par l’interprofession porcine, qui n’apporterait pas « un complément de prix », mais « une aide à la trésorerie ». La priorité, explique-t-il, est de « vérifier la compatibilité du dispositif », avec les réglementations nationales et européennes. À l’échelon européen, il s’agirait de respecter les règles de la concurrence mais également le règlement « OCM unique » de 2007.
Une enveloppe de 100 millions évoquée
Dès lors, suspendue aux réponses des administrations, aucune des parties ne s’engage sur un calendrier. Toujours est-il que cette idée, défendue depuis plusieurs mois par l’interprofession porcine et la fédération nationale porcine (FNP), avance enfin. « Nous avons dit à Matignon que nous sommes prêts à travailler à la création d’un fonds qui est en cours de discussion sous réserve que les autorités de la concurrence soient d’accord", a expliqué le délégué général de la FCD Jacques Creyssel sur BFM le 8 février. Une enveloppe de 100 millions d’euros a été évoquée dans les Echos, le 8 février. Ce montant serait « un premier pas », selon Xavier Beulin. Autre manière de calculer : à la sortie de la réunion, le président du groupe Système U Serge Papin a évoqué un fonds équivalent à 10ct le kilo de porcs.
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Blocages de quatre plates-formes logistiques de grande distribution en Bretagne
La FRSEA et les Jeunes agriculteurs de Bretagne annoncent dans un communiqué le 8 février le blocage de quatre plates-formes logistiques de la grande distribution en Bretagne (Géant Casino, Carrefour et deux centrales Intermarché). « Les grandes et moyennes surfaces ont en effet une grande responsabilité à l’égard de la situation économique désastreuse que vivent les agriculteurs », justifient les syndicats. L’action a pour but de peser sur les négociations commerciales en cours, la création d’un fonds d’urgence financé par les GMS et la transformation, ainsi que l’étiquetage d’origine des viandes dans les produits transformés. Certaines plates-formes étaient toujours bloquées par des agriculteurs, le 10 février au soir, tandis qu’une manifestation importante a eu lieu dans la soirée à Pontivy (Morbihan) suite au déblocage d’une des plates-formes par les forces de l’ordre. « Notre mot d’ordre est de continuer les actions, même si nous sommes obligés de cesser le blocage de certaines plates-formes lorsque nous sommes soumis à des contraintes financières ou l’intervention des forces de l’ordre », a indiqué le président de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine, Loic Guines. Dans le Morbihan, les agriculteurs ont été délogés le 10 février au matin par les forces de l’ordre. Mais, dans la soirée, une soixantaine de tracteurs et plus de 500 personnes selon la sous-préfecture, 700 personnes selon la FDSEA, ont convergé vers Pontivy pour manifester leur mécontentement.