Alors que le plus dur semblait fait - accord de la grande distribution sur une enveloppe de 100 millions d'euros, avis positif de l'Autorité de la concurrence française - , le fonds porcin, porté par la FNP et la FNSEA, s'enlise sur la dernière ligne droite : la répartition des rôles dans la mise en œuvre du fonds. Le dossier n'avance plus depuis que les industriels de Culture viande (abattage-découpe) ont signifié, par un communiqué le 24 février, leur rejet de la proposition des syndicats de producteurs de leur confier la charge de la collecte des fonds auprès des distributeurs, en inscrivant la contribution en pied de facture. Dans une lettre aux acteurs de la filière porcine publiée le 1er mars, la FNSEA et la FNP s'impatientent et appellent à la « responsabilité » des industriels et de la distribution pour que la mise en place du fonds porcin de 100 millions d'euros se fasse le plus rapidement possible. Les syndicats constatent que, suite aux négociations commerciales compliquées pour les industriels et les coopératives, ceux-ci « hésitent » à collecter les contributions « au motif que les enseignes la leur feront payer ». Les industriels expliquent que les négociations avec la distribution portent sur l'ensemble de la facture. Ils sont d'autant plus réticents que la contribution à collecter auprès des distributeurs s'approcherait des 20ct/kg, expliquent-ils. L'inquiétude est « compréhensible », rétorquent la FNSEA et la FNP dans leur communiqué, mais « le projet de protocole prévoit en toutes lettres qu'il ne peut y avoir d'accord tarifaire qui intègre le pied de facture ». Ils constatent également que les enseignes de la distribution « s'inquiètent d'éventuelles poursuites des autorités de la concurrence, en particulier celles de Bruxelles. Et certaines souhaiteraient même une validation formelle de la commission européenne, ce qui demanderait plusieurs mois ». « La parole et l'écrit du président de l'Autorité de la concurrence n'ont-ils aucune valeur dans ce pays ? », interrogent la FNSEA et la FNP. À la filière, ils demandent de « se montrer à la hauteur de la crise, taire ses divisions etjouer collectif », plaident-ils.
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