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Financement Foodtech française : entre 120 et 150 M€ de fonds levés en 2017

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Une étude de Digital Food Lab détaille les levées de fonds réalisées ces dernières années dans les start-up de la foodtech française. Entre 2013 et juin 2017, 317 millions d’euros ont été mobilisés à l’occasion de 219 opérations. Les levées de fonds supérieures à un million d’euros sont de plus en plus nombreuses.

Pour la première fois, une étude compile les données sur les levées de fonds dans le secteur de la foodtech française. Elles ont représenté pas moins de 317 millions d’euros sur la période allant de 2013 au 30 juin 2017, au cours de 219 levées de fonds. La France compte 472 start-up actives de la foodtech, leur nombre ayant doublé en deux ans. Une jeune pousse sur trois opère dans la distribution et la livraison, et 23 % dans le food service. La distribution et la livraison attirent le plus les investisseurs (40 % des montants levés entre 2013-2017), suivies du food service (27 %) et l’agtech (212 %).

Le montant global des levées de fonds progresse : après 139 millions d’euros en 2016, l’année 2017 devrait atteindre entre 120 et 150 millions d’euros. Mais le montant médian a tendance à baisser avec 400 000 euros cette année et 500 000 euros l’année précédente. Les auteurs de l’étude remarquent « une rupture en 2016 avec une hausse de 270 % des investissements que l’on peut expliquer en partie grâce aux premières levées de fonds massives de start-up françaises comme Wynd, 30 millions en 2016 et Frichti, 30 millions début 2017. »

« On remarque que les levées de fonds de plus d’un million d’euros sont de plus en plus nombreuses : elles étaient 26 en 2016, et déjà 17 au premier semestre 2017 », explique Matthieu Vincent, cofondateur du cabinet de conseil spécialisé dans l’alimentaire Digital Food Lab. Et le mouvement devrait se confirmer au second semestre. « On note une nouvelle accélération depuis le troisième trimestre 2016 avec une hausse significative du nombre des opérations et des montants investis », selon les auteurs de l’étude. « On peut donc s’attendre sur la fin 2017 et le début 2018 à de très importantes levées dans le domaine FoodTech », expliquent-ils.

Les financements sont encore limités

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Toutefois, le financement des jeunes entreprises de la foodtech demeure limité. Elles n’attirent ainsi que 2,2 % des investissements mondiaux estimés à 6,3 milliards de dollars en 2016. « Une seule levée de fonds, par exemple en Allemagne, peut dépasser l’ensemble de l’écosystème français », souligne ainsi Matthieu Vincent. La foodtech française est encore peu tournée vers l’international. Pourtant, il y a une opportunité consistant à importer des concepts validés à l’étranger en les adaptant au contexte français. Les grandes entreprises de l’agroalimentaire hexagonales, en créant des fonds, pourraient aussi aider les start-up à aller au-delà des frontières nationales.

Face à la compétition entre acteurs sur certains segments, comme la livraison de repas, Digital Food Lab n’exclut pas « des faillites de sociétés ayant levé beaucoup de fonds » à l’image du belge Take Eat Easy en 2016. « La possibilité d’une défiance des investisseurs pour la foodtech ne serait alors pas à exclure, à l’image de ce qui se produit sur le marché indien ».

Digital Food Lab, sur la base des données recueillies, s’est exercé à tracer des pistes d’évolution pour le financement des jeunes pousses de l’alimentaire. À court terme, le cabinet de conseil estime qu’il y aura de plus en plus d’offres de livraison de repas, toujours plus personnalisées en fonction du client. Les produits innovants et locaux, ainsi que les projets autour des données pour les restaurateurs et les industriels vont être de plus en plus nombreuses. Et à moyen terme, les solutions permettant d’améliorer la traçabilité des produits (et l’information du consommateur), la nutrition personnalisée et les aliments du futur devraient orienter les créations de start-up.