Voilà : le dispositif de réduction des pesticides en agriculture a été officiellement présenté en Conseil des ministres. Il va devenir, au fur et à mesure que paraîtront les textes réglementaires, opérationnel et contraignant. Chacun le jugera comme il l’entend, sans grande portée pour les uns ou compliqué ou excessif pour les autres. Mais il faudra et il fallait sans doute en passer par là.
C’est, du coup, le moment pour le monde agricole de montrer au grand public les efforts qu’il va déployer. Réduire de 50 % les quantités de pesticides utilisés depuis dix ans, c’est considérable. Il faut le faire savoir au citadin ; lui faire comprendre que les agriculteurs – et pas seulement ceux qui cultivent ou élèvent bio – sont conscients des problèmes environnementaux. C’est le moment de passer d’une position souvent défensive à une attitude positive, de faire de ce qui sera de toute façon obligatoire, la marque d’un nouveau contrat avec la société.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Il y a un dicton chinois qui dit : il faut savoir faire d’une faiblesse une force. Le monde agricole pourrait en faire bon usage. Si elle est avérée, la réduction des phytos en agriculture constituera une faiblesse économique et agronomique avec des conséquences sur les rendements (mais entraînant aussi une réduction des coûts) ; mais elle constituera aussi une force pour l’image et la qualité des produits, pour la manière dont les agriculteurs seront perçus du reste de la société. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur la manière dont le politique reconsidérera la politique agricole.