Compte tenu de l’écart significatif entre les objectifs de l’accord de Paris en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (réchauffement de 2°C) et les contributions jusqu’ici proposées par chaque État (environs 3°C), « on ne peut pas prendre l’Accord de Paris (sur le changement climatique, ndlr) pour argent comptant », a lancé le directeur d’Ecofor (groupe de recherche sur la forêt), Jean-Luc Peyron, en introduction d’un colloque sur la forêt et le changement climatique, le 15 avril. Pour lui, les forestiers, qui raisonnent leurs pratiques sur plusieurs dizaines d’années, doivent « se demander si les engagements seront tenus dans la pratique » et « continuer d’envisager tous les scénarios ». « Le niveau de succès de beaucoup d’actions entreprises aujourd’hui, notamment en matière de sélection des essences, est tributaire du résultat des efforts qui seront effectivement accomplis ». Par ailleurs, le chercheur estime que le puits de carbone que constitue la forêt française, relativement jeune, « va diminuer inéluctablement au cours du temps », et que l’on pourrait accélérer cette diminution, l’exploiter plus intensivement, sans effet délétère sur le climat. En effet, en exploitant la forêt plus intensivement, la France augmenterait l’effet de substitution de la forêt (d’objets en plastique par des objets en bois, par exemple, ndlr) et alimenterait le stock de produits en bois, ce qui compenserait l’effet de la diminution du puits de carbone sur le climat.
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