+144% en un an : la hausse prolongée du cours de la graine de moutarde fait peser une menace inquiétante sur les moutardiers français. Impuissants à juguler la hausse des prix d’achat, ils tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme et annoncent qu’ils ne pourront plus longtemps maintenir les prix actuels. Ils craignent même une rupture d’approvisionnement à brève échéance.
Pour produire 90 000 tonnes de moutarde, les fabricants importent 95% de leurs besoins en graines du Canada. Une dépendance qui rend les producteurs français sensibles à la moindre hausse des cours. Les Moutardiers ont été contraints d’accepter une hausse de 144% des cours en un an (la tonne de graine brune est passée de 480 à 1170 euros départ Rotterdam), pour éviter que les agriculteurs canadiens ne sèment du colza ou d’autres produits aux rendements deux à trois fois supérieurs. Déçus par les rendements de la graine brune, ces agriculteurs ont diminué leur production de graine brune d’environ 50% entre 2004 et 2007.
Face aux 170 000 hectares de graine brune ensemencés au Canada, des agriculteurs bourguignons avec l’aide des moutardiers français ont fait renaître depuis plus de dix ans la filière mais les 1500 hectares semés sont encore bien insuffisants pour satisfaire la demande. Au moins les moutardiers français espèrent-ils faire reconnaître la « Moutarde de Bourgogne » comme indication géographique protégée (IGP). Dans ce contexte et compte tenu de la hausse du prix de la graine, la culture de la moutarde en France devrait être confortée. Pour Guy Brabant, président de la Fédération des industries condimentaires de France, « les sommets atteints par la hausse des matières premières met clairement en danger l’activité des 19 entreprises françaises ainsi qu’un pan de notre terroir et les 2000 emplois générés par la production de moutarde en France. »
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Ne pouvant plus maîtriser les coûts de production sans augmenter le prix du kilo de pâte de moutarde, l’industrie française, premier producteur de moutarde en Europe, devra répercuter les hausses subies.