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Aide aux démunis Forte mobilisation européenne pour le maintien du programme d’aide alimentaire

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De nombreux Etats membres, le Parlement européen et la Commission de Bruxelles se mobilisent pour obtenir le maintien du programme d’aide alimentaire en faveur des démunis en 2012 et 2013, menacé d’une réduction drastique faute d’accord. Après l’échec du Conseil agricole le 20 septembre dernier (1), le Parlement européen a maintenu la pression en organisant un débat le 28 septembre. Pour sortir de l’impasse, la Commission européenne pourrait proposer lors du Conseil social du 3 octobre de faire reposer le réglement sur l’aide alimentaire sur une double base juridique (agricole et sociale).

Devant les députés, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé, le 28 septembre à Strasbourg, les 27 Etats membres à s'entendre pour assurer le maintien du programme européen d'aide aux pauvres en 2012 et 2013. « Actuellement, nous avons besoin d'agir pour aider les 80 millions d'Européens menacés de pauvreté. Cela signifie que le Conseil doit finalement approuver notre proposition pour maintenir le programme de délivrance d'aide alimentaire aux personnes les plus démunies », a-t-il souligné. Pour leur part, les élus européens ont à nouveau unanimement condamné les gouvernements responsables du blocage, les appelant à « revenir à la raison ». « Quand il s'agit de sauver les banques, le Conseil sait trouver les solutions, quand il s'agit des banques alimentaires il n'y a plus personne ! », s'est insurgée la Française Karima Delli (Verts).
Le Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) avait été lancé en 1987 sous l'impulsion du président de la Commission européenne de l'époque, Jacques Delors, à la suite de l'appel du fondateur des « Restos du Coeur », l'humoriste français Coluche, en utilisant les excédents agricoles européens. Mais ce programme, qui bénéficie à quelque 18 millions de personnes, risque de passer de 480 millions d'euros cette année à 113,5 millions d'euros en 2012 et à presque rien en 2013 du fait d'un arrêt de la Cour européenne de justice. La Cour a jugé que ce programme avait été dénaturé au fil des ans, car les excédents agricoles qui l'alimentaient ont pratiquement disparu, au point d'être supplantés ces dernières années par des achats massifs de nourriture, financés par le budget agricole. Lors de la dernière réunion des ministres européens de l'agriculture, six Etats, (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Danemark et dans une moindre mesure la République tchèque), s'étaient opposés à la poursuite en l'état du programme, estimant qu'il relevait de la politique sociale des Etats membres et non du budget européen.Les tractations se poursuivent désormais en coulisses pour convaincre au moins un des Etats réfractaires de changer d'avis, et ainsi briser cette minorité de blocage. « Il est déplorable qu'au moment où, avec la crise, le nombre de personnes qui ont besoin de ce programme augmente, la sensibilité sociale et la solidarité soient en régression chez certains hommes politiques », a regretté au Parlement le ministre de l'agriculture polonais, Marek Sawicki, dont le pays assure actuellement la présidence de l'UE. Il n'y a « aucune contre-indication budgétaire ou légale pour que le programme actuel ne puisse être poursuivi », a-t-il martelé, rappelant que 500 millions d'euros y ont été affectés et que des propositions techniques ont été mises sur la table pour surmonter l'obstacle légal.

(1) Voir n° 3317 du 26/09/2011

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