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Qualité des produits agricoles Forte opposition des députés européens à la suppression des STG et des AOP

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Les députés européens de la commission de l’agriculture doivent examiner, les 9 et 10 novembre, le projet de rapport sur la politique de qualité des produits agricoles, élaboré par leur rapporteur, Giancarlo Scotta (ELD, Italie). Ce dernier s’y montre farouchement hostile à la fusion des trois systèmes de consignation des indications géographiques actuels – les spécialités traditionnelles garanties (STG), les appellations d’origine protégée (AOP) et les indications géographiques protégées (IGP) – en un seul.

«Les indications géographiques ont une grande importance pour l’agriculture européenne, non seulement du point de vue de l’économie mais aussi de l’éthique, de l’environnement et de la société, en raison des liens nombreux entre produits et terroirs, en vue de la conservation et du développement de réalités rurales liées à la tradition, à l’histoire, au goût et à des connaissances exclusives accumulées au fil du temps », défend Giancarlo Scotta, le nouveau rapporteur du Parlement européen sur la politique de qualité des produits agricoles, dans son projet de rapport d’initiative sur ce sujet. Il convient, selon lui, de « garder séparés » les deux instruments d’indication géographique, les AOP et les OGP. Car « la création d’un système unique de protection ne prendrait pas en compte les différences spécifiques dans la forme et l’intensité des liens entre le produit et l’aire géographique de sa production, ainsi que dans les règles de production, de transformation et d’élaboration des produits agricoles », écrit-il.
En ce qui concerne les STG, le parlementaire estime qu’il est nécessaire de les maintenir, « même si les règles d’enregistrement ont besoin d’être davantage simplifiées ». L’échec de ce mécanisme, souvent pointé du doigt par la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, est relativisé par Giancarlo Scotta : les STG sont un instrument relativement récent et une meilleure communication sur son fonctionnement permettrait de faire en sorte qu’il devienne « un outil habituel de promotion de la qualité en Europe ».

Un label pour les produits européens
Par ailleurs, le rapporteur promeut la création d’un logo de qualité européen pour les seules productions issues d’élevages, de cultures et d’usines de transformations situées en Europe sorte de marque ombrelle qui offre la possibilité aux professionnels de la Communauté de valoriser les efforts accomplis pour respecter les normes de l’UE. Une étude de faisabilité en ce sens devrait être conduite par la Commission européenne, estime le rapporteur parlementaire.
Quant aux normes de commercialisation dont la Commission européenne souhaiterait réduire l’importance, Giancarlo Scotta estime au contraire qu’il est « clair qu’elles conservent une grande importance en assurant la transparence des transactions sur le marché et en permettant aux acheteurs, depuis le grossiste jusqu’aux consommateurs, de comparer prix, taille et qualité des produits, ce qui garantit la juste concurrence au sein de l’Union ». Il appuie enfin l’idée de la Commission européenne d’introduire de nouvelles mentions réservées facultatives telles que « produit de montagne » ou « faible teneur en carbone ». Il plaide également en faveur d’une obligation d’indiquer sur les produits transformés le lieu de production des matières premières afin de donner des garanties aux consommateurs peu au fait du fonctionnement de la chaîne alimentaire.

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