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Pesticides Forte présence dans l’air, selon une étude

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Une étude récente de mesures des résidus de pesticides dans l’air dans la périphérie de Montauban témoigne à nouveau d’une pollution de fond, comme le montraient les précédentes études sur ce sujet. La pollution est cohérente avec les zones et les périodes de traitement des vergers arboricoles et des vignes. Le fipronil, dont les usages sont à présent limités, a été retrouvé à plusieurs endroits.

Cette étude a été menée par l’Observatoire régional de l’air en Midi-Pyrénées (Oramip) pour déterminer l’exposition de la population aux pesticides. Les molécules (vingt et une) et la zone des mesures ont été définies à partir des données fournies par la DRAF. Les mesures ont eu lieu en Tarn-et-Garonne, département de Midi-Pyrénées qui regroupe la plus grande surface arboricole. Trois types de mesures ont été effectuées : en fond périurbain de Montauban (en tenant compte des vents dominants), en fond rural et à proximité des cultures.

En fond périurbain, cinq molécules ont été retrouvées entre le 16 mai et le 11 septembre 2005 (plus forte concentration de début juin à mi-juillet) : folpel, tolylfluanide et captane (trois fongicides), chlorpyridos-éthyl et endosulfan sulfate (deux insecticides, acaricides). Le folpel, surtout utilisé sur vignes (culture des vignes dans le département et les départements voisins), a été retrouvé pendant 11 semaines sur 17.

« Le folpel a été classé par la Communauté européenne comme susbtance qui peut s’avérer dangeureuse pour l’homme en raison d’effets cancérigènes possibles (CIRC-catégorie 3) », s’inquiète l’étude de l’Oramip.

De manière générale, la présence de produits phytosanitaires de début juin à mi-juillet correspond aux périodes de traitements des vignes et vergers, selon l’Observatoire.

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Tarn-et-Garonne
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En fond rural (à l’intérieur des villages), des mesures ont été effectuées dans six lieux différents et treize molécules sur vingt et une ont été détectées, à des taux parfois élevés. Le chlorpyriphos éthyl est retrouvé sur les 6 sites à des taux allant de 1,1 à 7,4 ng/m3. Le folpel est présent dans 5 sites sur 6 à des taux variant de 1,5 à 6,4 ng/m3. Le fipronil est présent dans 4 sites sur 6 avec des teneurs allant de 0,4 à 5,8 ng/m3. Le captane est présent dans 3 sites sur 6, les mesures vont de 3,3 à 30,6 ng/m3. Une molécule, le tolyfluanide a été mesurée au taux de 144 ng/m3 sur un site. Un traitement avait eu lieu deux jours plus tôt à proximité du lieu de mesure. « Cela met en évidence une rémanence relativement importante dans le temps de ce composé en limite de parcelle », en déduit l’Oramip. En revanche, le lindane n’a jamais été détecté.

Les riverains des parcelles très exposés pendant les traitements

Les mesures réalisées à proximité des parcelles cultivées, mesures destinées à connaître l’exposition des populations riveraines, montrent des teneurs incomparablement plus élevées. Ainsi, un prélèvement lors d’une pulvérisation de tolyfluanide a permis de mesurer une valeur de 1077 ng/m3 en moyenne durant le traitement. Un prélèvement au cours de l’heure qui a suivi un traitement à base de diméthoate et de chlorpyriphos éthyl, a révélé des teneurs de 160 ng/m3 pour le premier et de 950 ng/m3 le second. Au bout de 24 heures, ces valeurs avaient baissé de 75%. Pour un troisième prélèvement réalisé au cours d’un traitement au captane, la valeur a atteint 552,8 ng/m3 en moyenne. L’analyse d’un échantillon correspondant à l’heure d’un traitement associant captane et deltamétrine, a traduit la présence de captane à hauteur de 2500 ng/m3.

« Ces résultats mettent en évidence tout d’abord que les niveaux de concentration sur des périodes d’une heure de traitement sont jusqu’à 1000 fois supérieures au niveau de fond. Selon les propriétés des molécules, les concentrations observées sont plus ou moins importantes et leur rémanence dans le temps est plus ou moins longue. En effet, certains phytosanitaires sont présents plus de deux jours après les traitements à des niveaux de concentration 10 à 20 fois supérieurs au niveau de fond. L’exposition des populations résidant à proximité de parcelles est donc relativement importante au cours d’une année compte tenu du fait qu’un verger nécessite chaque saison une trentaine de traitements », conclut l’étude.