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Fourrure : une large majorité de ministres de l’Agriculture demande une interdiction dans l’UE

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À l’exception d’une poignée d’entre eux, la plupart des ministres de l’Agriculture de l’UE se disent favorables à l’interdiction dans l’UE de l’élevage d’animaux sauvages pour leur fourrure. Une initiative citoyenne européenne plaidant en ce sens vient de recueillir 1,5 million de signatures. Pour l’instant, la Commission européenne ne prend pas position et se contente d’étudier la question.

La plupart des ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 26 juin à Luxembourg, ont appelé la Commission européenne à prévoir une interdiction à l’échelle de l’UE de l’élevage d’animaux sauvages à fourrure dans le cadre de la révision de la législation sur le bien-être animal attendue pour cet automne. L’initiative citoyenne européenne « Fur Free Europe » (« Pas de fourrure en Europe ») lancé en 2022 a été officiellement reconnue par la Commission européenne le 14 juin. Il s’agit de la dixième initiative de ce type à être couronnée de succès, elle a recueilli plus de 1,5 million de déclarations de soutien de la part de citoyens de l’UE.

L’Allemagne a présenté une note aux ministres de l’Agriculture des Vingt-sept plaidant pour une interdiction totale de ces élevages d’animaux « sauvages qui, quelles que soient les conditions de leur captivité, ne peuvent pas être élevés dans des conditions satisfaisantes de bien-être ». Le ministre allemand Cem Ozdemir a également fait valoir les risques sanitaires liés à cette production, notamment la transmission du Covid-19 par les visons. De plus, il demande à Bruxelles « d’examiner la possibilité d’introduire une interdiction de la vente et de la commercialisation de produits dérivés d’animaux à fourrure dans le marché unique ». La plupart des ministres de l’Agriculture ont apporté leur soutien à la démarche. Beaucoup ont déjà interdit l’élevage de ces animaux au niveau national (ou s’apprêtent à le faire). La France a prévenu que l’élevage d’animaux domestiques (pour la viande et la fourrure) devra « rester possible ». Et la Hongrie souhaite que l’élevage de lapins angoras et de chinchillas ne soit pas interdit.

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Prudence à Bruxelles

Seuls quatre États membres, la Pologne, le Danemark, la Finlande et la Grèce, se sont opposés à l’initiative. Pour la Finlande il devrait être possible de poursuivre la production d’animaux à fourrure en améliorant le bien-être dans les élevages.

La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides s’est bien gardée de donner son point de vue. Alors que la Commission européenne présentera cet automne sa proposition révisant les règles en matière de bien-être animal, aucun avis scientifique n’a été commandé à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur ce sujet. Stella Kyriakides rencontrera « le mois prochain » les organisateurs de l’initiative citoyenne et assure que ces demandes seront prises en compte dans l’évaluation d’impact en cours.