Les agriculteurs de la région du parc national de Doñana (Andalousie) pourront recevoir une aide de 100 000 euros par hectare sur cinq ans, en échange de l’arrêt leurs cultures de fraises et d’une renaturalisation ou reforestation de leurs surfaces. 8 000 hectares seraient concernés par cette mesure. Un « protocole de développement territorial durable » de cette espace naturel a été signé entre l’État et le gouvernement andalou le 28 novembre. Il prévoit au total un investissement global d’environ 1,4 milliard d’euros dans quatorze villes environnantes situées dans les provinces de Huelva, la principale zone de production (plus de 6 000 hectares), Séville et Cadix. La subvention de 100 000 euros sera assurée à 70 % par le gouvernement central. Les agriculteurs qui ne voudront pas arrêter leur activité pourront choisir de convertir leurs exploitations en agriculture sans irrigation ou en production biologique, mais l’aide sera alors minorée. Souffrant des sécheresses récentes et d’une surexploitation des nappes phréatiques pour la culture intensive de fraises, aggravée par un usage important de puits illégaux, la réserve de Doñana, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, a été reconnue « en danger » par le gouvernement espagnol en 2020.
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Cet accord fait par ailleurs tomber un projet très contesté du Parlement d’Andalousie visant à améliorer l’irrigation dans la couronne nord de Doñana. Ce plan spécial d’urbanisme, aussi baptisé « Plan Fraise », est à l’origine d’une controverse depuis deux ans au sein de l’exécutif andalou. Ramón Fernández-Pacheco, son porte-parole, a annoncé sa révision, au lendemain de la signature du protocole. La campagne espagnole de fraises 2022-2023 s’est conclue en juillet avec une production de 243 000 tonnes, en recul de 10 % par rapport à la campagne précédente.