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Agriculture et effet de serre Français et Anglais échangent leurs expériences

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Un séminaire franco-britannique sur le rôle de l’agriculture dans l’atténuation du changement climatique s’est tenu le 17 juin à Paris, dans les locaux de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA).

Organisé dans la perspective de la conférence de Copenhague de décembre 2009, au cours de laquelle sera discuté un nouvel accord mondial sur le climat qui doit succéder à partir de 2013 au protocole de Kyoto, ce séminaire a rassemblé une soixantaine d’experts français, britanniques, tchèques, danois, ou allemand. Plusieurs initiatives réalisées au Royaume-Uni ont été présentées, telles la création d’un forum rural sur le changement climatique (acteurs privés et étatiques) chargé de faire des propositions au gouvernement. La rencontre a permis au président de l’APCA, Luc Guyau, d’engager l’agriculture à s’adapter au réchauffement climatique. « L’agriculture n’est pas que pollution, ni problème, rappelait-il. Elle est également solution ». Et de rappeler que les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole avaient été réduites de 11 % entre 1990 et 2007.

Biomasse
« La nécessité de disposer de données scientifiques fiables sur le poids relatif des différents gaz à effet de serre – CO2, protoxyde d’azote, méthane… – dans le changement climatique est un des enseignements de la journée » indique Alain Schlesser, directeur-adjoint de l’APCA, interrogé à l’issue de cette journée. Car, explique-t-il, on a besoin de ces données pour ne pas orienter les agriculteurs dans de mauvaises directions ». Autre nécessité : « Aller vers des mesures qui coûtent peu et qui ont un effet significatif », ajoute le directeur-adjoint.
Marie-Laurence Madinier, sous-directrice Biomasse et Environnement au ministère français de l’Agriculture, souligne pour sa part que l’agriculture et la forêt peuvent jouer un rôle dans l’atténuation de l’effet de serre via le développement des énergies renouvelables (bois, biocarburant, biogaz…) et les économies d’énergie. Ainsi, 83 projets de méthanisation, sur 120 dossiers examinés, ont été sélectionnés par les pouvoirs publics le 29 mai. Onze bancs d’essais tracteurs ont également été retenus et plus de 530 diagnostiqueurs compétents ont été recensés auprès des DDEA-DDAF pour conduire les diagnostics énergétiques sur les exploitations. L’usage des bonnes pratiques agricoles, la mise en avant des projets exemplaires et l’adoption de nouvelles pratiques agronomiques (dates de semis plus tardives, rotation des cultures…) font également partie des outils mobilisables, selon Julien Galienne, chargé de mission Climat-énergie-biomasse à l’APCA. « La France souhaite que l’agriculture soit prise en compte au niveau international à la conférence de Copenhague », résume Nathalie Guesdon, chargée de mission Changement climatique au ministère de l’Agriculture. Une des propositions de l’UE sur le sujet sera notamment d’élargir les mécanismes de développement propre (MDP) à l’agriculture.

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