France Champignon n’est pas au bout de ses peines. Rachetée il y a plus de deux ans par le fonds d’investissement Butler Capital Partners, et après avoir bénéficié, en 2004, de plus de 26 millions d’euros d’investissements, assortis d’un plan de restructuration, l’entreprise, basée à Saumur, est à nouveau confrontée à un besoin de financement de 32 M EUR. Pour faire face, l’entreprise pourrait avoir recours à un emprunt de 20 M EUR, tandis que l’Etat apporterait 2 millions et Butler Capital Partners 10 millions d’euros.
France Champignon n’en finit plus de ses difficultés financières. Plus qu’une simple rechute, il s’agirait d’un mal persistant dont le groupe saumurois a bien du mal à se défaire. Plus de deux ans après être passée sous le contrôle du fonds d’investissement Butler Capital Partners (BCP), l’entreprise aurait à nouveau besoin de 32 millions d’euros de financement. « Le besoin de financement n’est pas de même nature qu’il y a deux ans, les investissements ont été réalisés, mais les résultats ne sont pas encore au rendez-vous. Il y a des problèmes de trésorerie pour passer cette période intermédiaire », explique Jacques Auxiette, président de la région des Pays de la Loire, cité par le journal Les Echos. Afin de sauver cet employeur régional important (1800 salariés), tous les recours sont mis en œuvre : le conseil régional des Pays de la Loire et le conseil général du Maine-et-Loire auraient déjà donné leur accord pour se porter caution d’un emprunt de 20 M EUR ; l’Etat, via le Comité interministériel de restructuration industrielle apporterait 2 M et Butler Capital Partners recapitaliserait l’entreprise à hauteur de 10 M EUR.
Des difficultés récurrentes
Ce n’est pas la première fois que France Champignon fait appel aux fonds publics pour se sortir d’un mauvais pas. En 2004, plus de 14 millions d’euros de crédits publics, associés aux 12 M EUR engagés par BCP, ont été mis sur la table pour relancer l’entreprise avec l’appui de plusieurs banques. L’objectif est alors d’engager la modernisation des installations d’un groupe coopératif peu rentable, de développer la partie transformation du champignon (surgelés, plats préparés…), et d’accroître les capacités de recherche et développement afin d’être en mesure de contrer la concurrence féroce des Pays-Bas. Effectivement, des maisons de culture hors sol ont été créées pour remplacer les caves traditionnelles, ce qui permet de diminuer les coûts de production tout en ayant des produits plus stables et une cueillette plus rapide. Un plan de restructuration a été mis en place afin de réduire les surcapacités industrielles du groupe en appertisé, ce qui s’est traduit par la fermeture de l’usine de Châtellerault dans la Vienne. Et de gros efforts de R&D et de marketing ont été menés, permettant le lancement d’une marque pour le segment du frais et de la quatrième gamme, « Les Champignons de Léon ».
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Point d’interrogation sur l’avenir
Il faut croire que cela n’était pas suffisant. Aujourd’hui, comme ose le dire Joël Batteux, vice-président de la région des Pays de la Loire chargé des dossiers économiques, cité par Les Echos, « l’entreprise est en danger, ce qui risque d’être délicat au niveau social ». C’est en effet sur le point des suppressions d’emplois que le rapprochement envisagé avec Bonduelle avait achoppé en 2002. Le numéro un européen du légume surgelé réclamait la suppression de 440 postes et la fermeture de deux sites, ce qui n’était pas vu d’un bon œil. Fortifiée par les investissements réalisés ces deux dernières années, l’entreprise dont le chiffre d’affaires s’élève à 230 M EUR est néanmoins plus productive. Reste à savoir si elle traversera indemne ce passage délicat et pourra récolter par la suite les fruits de l’argent semé.