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Champignon/Stratégie France Champignon veut accélérer sa mutation

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France Champignon prévoit une pléthore de lancements pour l’année 2008 et des projets sont d’ores et déjà dans les tuyaux pour 2009. Souhaitant développer les moments de consommation, France Champignon mise notamment sur des offres de champignons cuisinés prêts à consommer. Le groupe ambitionne d’augmenter son chiffre d’affaires de plus de 10 % en 2008, pour atteindre 260 millions d’euros et accélérer son développement à l’international.

Comme nous l’avions annoncé au mois d’octobre dernier Cf Agra alimentation n°1989 du 04/10/2007 page 24, France Champignon est entré dans une stratégie offensive basée principalement sur la valorisation du marché du champignon par l’innovation. Les ambitions du groupe, qui redevient bénéficiaire après deux années difficiles, restent d’accélérer son développement autant en France qu’à l’international. Implanté à Saumur, dans le Maine-et-Loire, le groupe a de par son histoire la maîtrise totale de la semence aux produits finis. Il rassemble aujourd’hui, dans l’Hexagone, quatre entités (les semences, les cultures, les produits frais, les produits transformés avec 3 usines de transformation) et deux filiales de négoce et de transformation de champignons sylvestres et exotiques Champiland, dans les Landes, et Compagnie du Mont Lozère, dans le Gard, réalisant à elles deux un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros.

Si ses ventes ont progressé de 15 % à 235 millions d’euros cette année, le groupe affiche l’objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 260 millions d’euros, en croissance de plus de 10 % en 2008, et de doubler son Ebitda pour atteindre un taux supérieur à 8 % dès 2008. France Champignon souhaite également multiplier par deux la part de ses ventes réalisée par les nouveaux produits. Ainsi, dès février 2008, les linéaires de la GMS verront apparaître, sous la marque Royal Champignon, de nouvelles gammes, toutes axées sur le développement des usages de consommation : des émincés gourmands nature à cuisiner coupés de manière épaisse pour favoriser un usage en poêlée, une gamme de recettes de champignons cuisinés prêts à consommer pour diversifier les légumes du cœur de repas. La marque lance également « Cueillette de Saveurs », un mélange de champignons de Paris et sauvages à cuisiner et une gamme destinée aux enfants baptisée les Mini Champis. Sa marque polonaise Abra n’est pas non plus oubliée puisqu’une nouvelle offre de produits élaborés à base de champignons en sauce, baptisée Leczo, sera également lancée en février 2008 sur les marchés de l’Europe de l’Est et prochainement en Europe du Sud. « Il est important que nous soyons présents dans ces pays de l’Est et que nous y devenions un acteur incontournable. Notamment en Russie où le marché des champignons explose avec une croissance de 20 à 30% par an », explique Alain Chamla, président du directoire de France Champignon.

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Visée à l’international

S’appuyant sur le développement de ses trois marques (Royal Champignon, Cham-pignon de Léon et Abra), France Champignon souhaite accélérer sa croissance à l’international. En 2007, il va réaliser 33 % de ses ventes hors de France, enregistrant une progression de 24%. Le groupe ambitionne d’atteindre une part de 40 % en deux ans, en « s’appuyant sur ses partenaires distributeurs européens (Carrefour, Rewe, Metro, Sainsbury) et en se concentrant sur des zones prioritaires que sont l’Europe du Sud et l’Europe de l’Est ». « Nous avons une volonté très forte de nous internationaliser étant donné le peu de croissance à attendre en France », précise Alain Chamla.

Le marché français du champignon représente un volume de 160 000 tonnes pour un chiffre d’affaires de 360 millions d’euros, dont 312 M EUR pour le champignon de Paris. Au niveau européen, le marché du champignon de Paris est concentré autour de cinq pays qui représentent à eux seuls 75 % de la production (Pologne, Pays-Bas, France, Espagne et Italie). Le groupe affiche sa position de leader européen du marché du champignon de Paris, place qu’il occupe pour la première année en 2007, avec une part de marché en volume de 25 %, devant le groupe néerlandais Lutèce (24 %), l’espagnol Ayecue (10 %), le néerlandais Prochamp et l’espagnol Eurochamp (8 %). « En valeur, nous avons un chiffre d’affaires 30 % supérieur au deuxième acteur du marché », note le président du directoire. Le groupe possède deux filiales en Europe, une de commercialisation en Allemagne et une de production et de commercialisation en Pologne sous le nom d’Interchamp. Sa production reste néanmoins à 90 % française. Le groupe reste confronté à la forte concurrence des cinq premiers exportateurs mondiaux, dont principalement la Chine qui exporte 90 % de sa production, l’Inde et l’Indonésie pour les champignons transformés, et la Pologne et la Hollande pour les champignons frais.