Les distributeurs de gaz liquides (butane, propane, GPL) viennent de publier leurs propositions à l’attention des candidats à l’élection présidentielle 2022, visant à contribuer à la décarbonation de ce secteur de l’énergie.
Peu connue des filières agricoles, l’association France Gaz liquides a sollicité les candidats à l’élection présidentielle en vue de mesures incitatives à la décarbonation de son secteur. Rappelons que le gaz liquide – butane, propane et gaz de pétrole liquéfié (GPL) – ne provient pas des méthaniseurs, mais des raffineries de pétrole. Le biométhane n’entre donc pas dans le champ d’activité de France Gaz liquides.
Les distributeurs de gaz liquides – vendus aux particuliers sous forme de bouteilles, ou bonbonnes – proposent six mesures. Elles plaident par exemple pour inclure « des biogaz liquides dans les appels à projets de France 2030 », pour « traduire dans la fiscalité la contribution des biogaz liquides à la décarbonation de la société française » ou pour « inciter à leur utilisation par des dispositifs ciblés ».
« Il pourrait s’agir de mécanismes de défiscalisation, comme la reconnaissance de la contribution moindre en émissions de CO2 du bio propane dans la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) par exemple », illustre Joël Pedessac, directeur général de France Gaz liquides.
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Co-produits du biokérozène
Pour atténuer sa dépendance au fossile, la filière mise sur le raffinage de matières premières issues de la biomasse. Sur huit raffineries de pétrole, deux passent au bio raffinage : celle de La Mède dans les Bouches-du-Rhône (Total) et celle de Grandpuits en Seine-et-Marne en 2024 (Total également). L’huile de palme étant proscrite en tant que substrat pour biocarburant, les matières premières sont les huiles usagées de friture et les graisses d’abattoirs actuellement, et l’huile d’algues ultérieurement.
Il est possible de produire du bio butane et du bio propane par fermentation de sucres (saccharose de betterave, glucose de céréales et de cellulose demain), précise Joël Pedessac. Le biogaz liquide représente 40 000 à 50 000 tonnes, soit 2 % du gaz liquide, cite-t-il. Il ajoute que la filière vise 20 % à 30 % en 2030 et 100 % en 2050. Et que la montée en puissance se fera en parallèle avec celle des biocarburants aéronautiques, car le bio butane et le bio propane sont des co-produits du biokérosène, que le secteur aéronautique compte utiliser de plus en plus.
Le gaz liquide est consommé surtout en zones non raccordées au réseau du gaz (méthane et biométhane), c’est-à-dire principalement en régions rurales pour le chauffage des habitations, les bâtiments d’élevage, les serres, les séchoirs à maïs. France Gaz Liquide compte le promouvoir dans les tracteurs et les engins de travaux publics.