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Filière laitière France MilkBoard lance ses propres Organisations de producteurs

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Des représentants de syndicats minoritaires ont déposé le 9 octobre les statuts d’une future organisation de producteurs. Cette OP aura la particularité de rassembler des éleveurs d’un même bassin laitier, quel que soit leur collecteur. France MilkBoard, à l’origine de cette démarche, a par ailleurs organisé une manifestation le 11 octobre pour alerter l’opinion et la profession sur la situation des éleveurs.

Des représentants de l’Apli (Association des producteurs de lait indépendants), de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne se sont réunis à la préfecture de Rennes le mardi 9 octobre afin de déposer les statuts de l’association de producteurs laitiers France MilkBoard Ouest. Destinée à devenir « l’Organisation des producteurs de lait indépendante des éleveurs laitiers du bassin ouest » dès son agrément par le ministère de l’Agriculture, cette association veut proposer « un modèle alternatif » à la filière laitière, explique Paul de Montvallon, président de France MilkBoard. Jusqu’à aujourd’hui, l’ensemble des OP (Organisations de producteurs) créé en France étaient verticales (les producteurs adhérents à ces organisations livrent tous au même industriel). C’est ce modèle que les membres de France MilkBoard souhaitent casser. C’est ainsi la 4e OP transversale (réunissant les producteurs d’un territoire, quel que soit leur collecteur) que lance FMB, après FMB Sud-Est, Sud-Ouest, FMB Normandie et FMB Grand Ouest. « On est persuadé que le système qui se met en place, des OP verticales avec une cogestion syndicale, va être une catastrophe », juge Paul de Montvallon.
 
Les éleveurs sont « asphyxiés »
Une catastrophe déjà amorcée, à en croire les 200 éleveurs, accompagnés d’une quarantaine de tracteurs, qui ont manifesté ce 11 octobre dans les Deux-Sèvres, à l’appel de France MilkBoard. « On se fout de la gueule des éleveurs ! », fulmine Paul de Montvallon. « Ce n’est qu’un premier avertissement, un cri de désespoir. Nous préparons d’autres actions, pires que celle-là », menace-t-il. En effet, pour le président de FMB, la hausse des charges des éleveurs et les baisses de prix infligé par Terra Lacta, Sodiaal, Lactalis, ou encore Coralis « asphyxient » les éleveurs. « Nous sommes dans une situation pire qu’en 2009, la trésorerie des exploitations est beaucoup moins bonne qu’à l’époque. Les gens sont désespérés », se désole Paul de Montvallon. Et ce ne serait que par ces fameuses OP transversales que les éleveurs pourraient négocier une meilleure rémunération auprès de l’industrie agroalimentaire. Mais pour réellement peser, les OP auront surtout besoin d’adhérents. Nationalement, plus de « 1 500 éleveurs ont donné leur mandat de négociation », assure Paul de Montvallon.

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