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FranceAgriMer : le solde agroalimentaire français se dégrade depuis 2012

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Le solde du commerce extérieur agricole et agroalimentaire français s’est dégradé peu à peu depuis 2012, sous l’effet d’une hausse des importations, a indiqué FranceAgriMer lors d’une conférence au Salon le 1er mars. Cette dégradation affecte surtout les échanges avec les partenaires de l’UE, qui est la partie majoritaire du commerce extérieur agroalimentaire français.

Si les exportations agricoles et agroalimentaires françaises ont augmenté, franchissant la barre des 60 milliards d’euros (Mrd€) entre 2012 et 2017, les importations sont passées de 48 Mrd€ à près de 55 Mrd€. La courbe du solde s’érode de façon régulière, de 11 Mrd€ en 2012 à 5,67 Mrd€ en 2017. L’accident céréalier de 2016 (une récolte basse en quantité comme en qualité) est un élément conjoncturel qui n’influe pas sur la courbe sur les cinq ans.

Importations en hausse de fruits et légumes et de charcuterie

La raison de fond de cette érosion est la croissance des importations dans de nombreuses filières, mais notamment les fruits et légumes et les produits de 2e transformation. Ainsi la France exporte des abats, pieds de poulets et oreilles de porcs à faible valeur ajoutée, mais importe des jambons et autres produits nobles. Ainsi, le déficit en charcuterie s’est creusé avec l’Italie et l’Espagne.

Le solde agroalimentaire s’est surtout dégradé dans ses échanges avec l’UE, qui est la région avec laquelle l’Hexagone entretient le plus d’échanges, et qui représente le plus important marché de produits agroalimentaires (41 % des importations mondiales, contre 14 % pour l’Amérique du Nord et 13 % pour l’Asie). Les points que la France a marqués sur les marchés des pays tiers n’ont pas compensé ses reculs dans l’UE, a exposé Mylène Testut-Neves, directrice des marchés et prospective à FranceAgriMer.

La balance commerciale des produits agricoles bruts comme les céréales s’est dégradée, non seulement du fait de la concurrence des grains de Russie et d’Ukraine et d’Argentine sur les marchés historiques de la France (Afrique du Nord), mais aussi du fait de l’apparition d’une concurrence dans l’UE, avec l’émergence de la capacité exportatrice de la Roumanie et de la Bulgarie.

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Le secteur des vins et spiritueux, un fleuron malmené dans l’UE

Le secteur des vins et spiritueux, sans lequel désormais la balance commerciale des produits transformés serait négative, a noté Mylène Testut-Neves, est malmené sur le marché communautaire. « La France peine sur le marché allemand réputé être un marché de petits prix », tandis que ses exportations de vin en bouteilles surtout de l’AOP Bordeaux au Royaume-Uni a fortement fléchi, au profit des vins d’Italie et d’Espagne.

Quant au secteur des produits laitiers, performant à l’export, enregistre un recul de ses parts de marché depuis 2014, principalement en yaourts et crème, au profit de l’Italie, des Pays-Bas et du Danemark. Le secteur laitier est bien positionné sur les produits à haute valeur ajoutée, mais il reste déficitaire pour la crème et surtout pour le beurre.

La France exporte des pieds de poulets et oreilles de porcs, mais importe des jambons et autres produits nobles