Les autorisations 2016 de nouvelles vignes seraient un peu inférieures à 3 600 hectares en France, a indiqué FranceAgriMer le 19 mai, au lendemain de son conseil spécialisé viticole. Ce montant est du même ordre de grandeur que les droits de plantations attribués chaque année sous l’ancien régime des plantations viticoles.
Près de 3 600 hectares de nouvelles vignes devraient être attribuables au titre des autorisations 2016 de plantations en France pour cette première année sous le nouveau régime. FranceAgriMer a dressé le bilan des demandes 2016 déposées en autorisations de plantations nouvelles lors de son conseil spécialisé viticole du 18 mai, consacré en grande partie au potentiel viticole français.
Surfaces attribuables et surfaces attribuées
Les demandes d’autorisations de plantations nouvelles, closes le 17 mai à minuit, ont porté sur 7 780 hectares. Compte tenu des plafonds de surfaces, mis en œuvre dans 39 zones viticoles, une bonne partie des hectares a été écrémée. Les 3 600 hectares représentent les surfaces attribuables. Maintenant commence l’instruction des dossiers à FranceAgriMer, et il en ressortira finalement les surfaces attribuées, le 31 juillet, après instruction par les services de FranceAgriMer. Les surfaces nouvelles attribuées seront « un peu inférieures » à 3 600 hectares, du fait des erreurs et des cas de non-conformité aux critères, a précisé Anne Haller, déléguée des filières viticole et cidricole à FranceAgriMer. Ces 3 600 hectares sont en tout cas du même ordre que les surfaces délivrées chaque année sous le régime des droits de plantations.
Des demandes économiques et des demandes politiques
Pourquoi un tel écrémage entre les demandes enregistrées et les autorisations attribuables ? D’une part, le nouveau régime de plantations a entraîné un certain « emballement » des demandes : des viticulteurs préfèrent demander deux pour avoir un, sachant aussi que des demandes non suivies de plantations dans les trois ans entraînent des sanctions.
D’autre part, dans certains bassins, comme le sancerre, les demandes expriment moins des besoins réels qu’une inquiétude de voir un développement des vignes IGP et sans IG qui viendraient profiter de la notoriété des AOC, indique-t-on à la Cnaoc, la Confédération des AOC viticoles. Dans ce cas, des vignerons effectuent des demandes individuelles dont la somme excèdera le plafond régional. Il s’ensuivra des réfactions de surfaces, qui seront divisées par le nombre de demandeurs. L’objectif est d’envoyer un message aux pouvoirs publics sur le risque de détournement de notoriété d’AOC par des producteurs d’IGP ou de vins sans indication géographique qui s’installeraient à côté de l’appellation, avec les mêmes cépages, mais avec des cahiers des charges moins contraignants, donc des coûts moindres.
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Le conseil spécialisé du 18 mai a par ailleurs traité le sujet des « investissements d’avenir » concernant la filière viticole. Parmi les lauréats des « projets agricoles et agroalimentaires d’avenir (P3A) », figure la possibilité offerte par l'acoustique d’éliminer des bactéries dans des cuves à vin, sans produits bactéricides. Un autre projet vise à piloter les états hydrique et minéral de la vigne par capteurs fixes à bas prix basés sur la technologie d'impédance électrique. Un troisième projet met en avant un système de tri automatique de la vendange, avec retrait des impuretés du raisin.
Un message aux pouvoirs publics sur le risque de détournement de notoriété d’AOC par des producteurs d’IGP ou de vins sans IG
Bernard Farges : la bonne base de discussion, c’est 0,5% d’augmentation des surfaces
Bernard Farges, président de la Cnaoc, s’est expliqué dans un entretien avec Agra Presse le 19 mai sur la différence entre les 7 780 hectares demandés et les 3 600 attribuables, et a indiqué que « la bonne base de discussion l’an prochain, c’est 0,5% d’augmentation des surfaces ». Le nouveau régime de plantations autorise chaque État membre à augmenter les surfaces de son vignoble de 1% par an, soit 7 500 hectares pour le vignoble français. Les demandes portent sur 7 780 hectares, un chiffre proche des 7 500 hectares de plantations nouvelles permises chaque année, mais la réalité, au vu des chiffres de FranceAgriMer, est à + 0,44%, avec les 3 600 hectares attribuables, tenant compte des contingents par bassins viticoles.
« Il ne faut pas qu’on considère cette différence entre les 7 780 hectares demandés et les 3 600 attribuables comme un échec », a déclaré le président des appellations viticoles françaises. Ces 3 600 hectares « sont issus de choix collectifs », à travers les contingents (plafonds de surfaces) décidés par la profession. Et même dans les régions qui n’ont pas fixé de contingents, la somme des demandes individuelles « ne représente que 1 292 hectres ».
Le choix de 0,5% comme élément de discussion l’an prochain « ne doit pas choquer », car il serait plus cohérent avec la réalité du moment, a conclu Bernard Farges.