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Conseil spécialisé Céréales FranceAgriMer rassurant pour la récolte, inquiet sur l’export vers l’Egypte

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Réuni le 15 mai, le conseil spécialisé Céréales n’a pas montré d’inquiétude sur la prochaine moisson, en dépit du retard végétatif. Son attention a porté davantage sur l’export de céréales vers l’Egypte, soumis à une nouvelle forme de concurrence russe et américaine.

«Pour l’instant, le potentiel n’est pas atteint. Ce sont les températures de la fin juin qui feront la différence », a déclaré en conférence de presse Rémi Haquin, le président du conseil spécialisé Céréales de FranceAgriMer, souhaitant que les prochains mois ne soient pas trop chauds pour éviter les risques d’échaudage. L’établissement se refuse à toute prévision de récolte céréalière à ce stade et considère le faible état d’avancement des cultures comme un « retard déjà connu ». Il lui semble aussi trop tôt pour mesurer l’impact des inondations de l’Ain jusqu’à l’Aube. Après un mois d’avril plutôt frais, marqué par de gros écarts de précipitations entre les régions Nord, en déficit, et une large bande centrale, en excédent, le retard végétatif par rapport à 2012 est estimé à 14 jours pour le blé tendre au stade 2 nœuds. L’indicateur Céré’Obs au 6 mai montre une stabilité des conditions de culture, avec deux tiers des cultures de blé tendre et orge d’hiver jugées dans de « bonnes » ou « très bonnes » conditions.

Comment vendre à l’Egypte

L’attention de FranceAgriMer a surtout porté sur les premières estimations de récoltes mondiales par le département américain de l’Agriculture (USDA). Celles-ci apparaissent optimistes, y compris pour le Maghreb. Principal importateur de blé au monde, l’Egypte pourrait donc réduire ses achats. D’autant plus que le pays est en proie à des difficultés financières, au point de solliciter un prêt de 5 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI). Le conseil spécialisé Céréales a alerté solennellement les pouvoirs publics sur le sujet. Pas pour prêter de l’argent, mais peut-être pour trouver une autre forme de soutien. « Les Russes et les Américains ont des moyens que nous n’avons pas », a glissé Rémi Haquin. Moscou s’apprête notamment à financer la construction en Egypte de huit silos pour y stocker du blé russe, destiné à la fois au marché local et à la réexportation vers l’Afrique et le Moyen-Orient.
Sans le sou pour régler les approvisionnements nécessaires à sa population, l’Egypte multiplie les démarches auprès des fournisseurs potentiels, dans un contexte de concurrence accrue. « Le gouvernement dit qu’il veut compter sur l’approvisionnement local et annonce une récolte de 10 millions de tonnes. Mais personne ne sait sur quel chiffre s’appuyer : 8 millions de tonnes, 9 ou 10 ? », a relevé Rémi Haquin. L’USDA avance 8,7 Mt pour les importations et 9 Mt pour la récolte locale. « Celui qui pourra apporter une aide financière remportera le marché, a-t-il poursuivi. Tant que le FMI n’a pas octroyé le prêt, si ce sont les Russes qui avancent l’argent, ils (les Egyptiens) achèteront russe ».

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