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Conseil spécialisé FranceAgriMer souligne la lourdeur des stocks céréaliers

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Le conseil spécialisé Céréales de FranceAgriMer, réuni le 12 novembre, a souligné l'alourdissement des stocks sur la campagne 2014-15, qui limite le potentiel de rebond des cours. Le blé dur fait exception, dans un contexte de pénurie.

On aura « plutôt des stocks lourds » et tout éventuel « rebond du marché sera limité », a estimé le président Rémi Haquin. « Il faudrait une catastrophe météo » pour changer la donne. FranceAgriMer rehausse le stock de report à 4,1 Mt de maïs (contre 3,7 Mt estimées le mois dernier), un niveau jamais atteint depuis 1992-93. Celui en blé tendre est évalué à 4,3 Mt, au plus haut depuis 2004-05, même si l'export affiche des volumes honorables, portés à 8,2 Mt vers les pays tiers (contre 8 Mt prévues en octobre).

Le blé de qualité intermédiaire sur le carreau

Un bon courant d'affaires est en place avec l'Egypte. Au 5 novembre, les ventes auprès du Gasc (office public des céréales) atteignent 780 000 t de blé français. Performance qui le place au deuxième rang derrière l'origine roumaine (0,84 Mt) et devant la russe (0,77 Mt). A titre de comparaison, la France était absente des carnets de commandes égyptiens l'an dernier au même moment. « Les opérateurs se montrent confiants quant à des livraisons sensiblement plus élevées encore sur l'Egypte, a souligné la chef de l'unité Grandes cultures Olivia Le Lamer. Nos exportations bénéficient de la faiblesse de l'euros vis-à-vis du dollar ». « On n'est pas mal placé en prix, a relevé Rémi Haquin. Le Gasc donne une bonne indication de la qualité du blé tendre. »

A l'inverse, l'Algérie constitue une destination en baisse. Cela reste le premier acheteur de blé français, avec 1 Mt le 7 novembre, mais le volume est nettement inférieur aux 1,8 Mt enregistrés l'an dernier à pareille date. Une « assez bonne surprise » malgré tout, a jugé Olivia Le Lamer, en rappelant le niveau « exceptionnel » des exportations sur 2013-14.

Le blé français se défend donc plutôt bien à l'export, vu l'inquiétude suscitée par sa qualité. « C'est le fruit d'une capacité d'allotement, a-t-elle considéré. Le blé de qualité intermédiaire a, lui, du mal à se placer. Il y a là un segment bloqué. »

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Flambée des prix du blé dur

Le conseil de FranceAgriMer a aussi mis l'accent sur les difficultés de la filière blé dur. Une pénurie apparaît, conséquence du désintérêt des agriculteurs vis-à-vis de cette culture. Plusieurs explications sont données. « Le différentiel de prix avec le blé tendre est tombé à 5 euros la tonne, un niveau insuffisant, a pointé Rémi Haquin. C'est une culture davantage risquée. Le désherbage apparaît plus compliqué par rapport au blé tendre, vu l'évolution en termes de molécules. » Résultat, les surfaces plongent. À cela s'ajoute une mauvaise récolte 2014 à peu près partout dans le monde. « Le manque de production entraîne une flambée des prix », a noté Rémi Haquin, en avançant le chiffre de 440 euros/t Fob La Pallice. « Reste à savoir si elle sera suffisante pour inverser la tendance. » La nouvelle Pac n'est, à ses yeux, pas vraiment incitative. « Il reste des aides Pac couplées, mais seulement pour les régions traditionnelles, a-t-il souligné. Pour ce qui est de l'obligation de diversifier les assolements, le blé dur et le blé tendre sont considérés comme deux mêmes cultures. Un autre signal aurait pu être donné. »

Des sources de tension sur les prix

LES cours mondiaux des céréales et des oléagineux ont enregistré un net rebond en octobre. A la question de savoir si la hausse peut se maintenir, FranceAgriMer ne se mouille pas.

« Des inquiétudes surviennent face à la sécheresse et aux basses températures en Russie » qui peuvent jouer sur la prochaine campagne, a signalé Olivia Le Lamer. C'est encore un peu tôt » pour bousculer le marché. Autre élément à surveiller, la fin de récolte difficile au Kazakhstan, à cause d'une neige précoce : « Les volumes de production seront sans doute revus à la baisse ». D'autres signaux à la hausse des prix ont auparavant influencé le marché. « Les fonds sont revenus aux achats, il y a de l'embouteillage logistique aux Etats-Unis, une tension est intervenue sur le tourteau américain et par contagion les céréales, a-t-elle listé.

Mais le phénomène a été ponctuel. »