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Conseil spécialisé Céréales FranceAgriMer « très prudent » malgré de bons échos de récolte

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La récolte céréalière 2013 serait dans la ligne de celle des dernières années, d’après FranceAgriMer. Une première estimation jugée « très prudente », en lien avec le retard d’avancement des cultures. Sur le marché mondial, une forte pression sur les prix intervient en ce début de campagne. Pour la suite, un bon nombre d’incertitudes entrent en jeu.

Face au gros retard des cultures, FranceAgriMer reste mesuré dans ses premières estimations de la moisson 2013. « Nos chiffres sont en ligne avec ceux des dernières années », a glissé le 10 juillet Rémi Haquin, président du Conseil spécialisé Céréales. La récolte de blé tendre atteindrait 35,9 Mt, avec un rendement de 71,9 q/ha. « Une estimation très prudente, a reconnu Olivia Le Lamer, chef de l’unité Grandes cultures. Il y a un potentiel de hausse. D’ailleurs, le marché se base sur une hypothèse plus élevée. » En orge, la récolte est estimée à 10,5 Mt, soit un rendement de 64,4 q/ha, proche de la moyenne quinquennale. « Les premiers échos en Aquitaine et Poitou-Charentes sont bons à très bons », a relevé Maggy Muckensturm, chef de projet Céré’Obs. Autre élément de nature à modifier les prévisions, des phénomènes de verse sont signalés sur l’orge d’hiver jusqu’aux régions plus septentrionales (notamment Ile-de-France et Nord). « C’est plutôt bon signe en termes de rendement », a-t-elle lancé.
 
Le blé français compétitif
Sur la scène internationale, une détente intervient dans les bilans. « La production mondiale de blé semble restaurée pour 2013/14, a souligné Olivia Le Lamer. Elle n’est toutefois pas pléthorique. » Une pression sur les prix apparaît en ce début de campagne, alimentée par la forte présence attendue de l’origine mer Noire. Dans ce contexte, le blé français arrive à bien se défendre. Sa compétitivité est notamment soutenue par la politique des banques centrales, favorisant une modération de l’euro par rapport au dollar. « Le prix du blé au départ de la France est aujourd’hui au plus bas par rapport à la concurrence, a-t-elle noté. Cela montre une volonté d’aller chercher la demande, en se montrant offensif. »
 
Les regards tournés vers la Chine
Reste que la situation du marché apparaît confuse. Des facteurs de hausse des prix entrent aussi en jeu. Il y a notamment les achats opérés par la Chine. Sa récolte en blé pourrait être amputée par les pluies dans le sud du Henan et certaines parties du Jiangsu. Conséquence, le pays devrait importer entre 3,5 Mt et 10 Mt, selon différentes estimations. Même si cela ne provoquera pas d’emballement du marché, de l’avis de FranceAgriMer, des opportunités sont à saisir. Le blé français apparaît moins cher de 15 dollars/t comparé au maïs produit en République populaire de Chine. Pour ce dernier, il serait plus intéressant de recourir aux importations que de faire descendre dans la zone d’élevage du Guangdong du grain en provenance du nord-est.
Une autre incertitude concerne l’Egypte, plus gros importateur mondial de blé. Sa récolte serait inférieure aux prévisions. Or le pays, en pleine transition politique, connaît de graves difficultés financières. Voilà qui ne facilite pas ses achats à l’international.

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