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France/Maroc : les tomates de la discorde

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La filière tomate du Maroc accepte mal les actions des agriculteurs à l’encontre de ses produits, qui bénéficient d’un accord de libre-échange. Pour elle, si les exportations augmentent, c’est qu’il existe « une demande réelle sur le marché français ».

Pendant les manifestations des agriculteurs, il y a quinze jours, à la frontière entre la France et l’Espagne, plusieurs poids lourds venant d’Espagne ont été pris pour cible. Par ailleurs, des « actions commandos » par les agriculteurs consistant à vider certains rayons ont été menées dans des hypermarchés. Le point commun des deux évènements : la présence de tomates marocaines dans les rayons français. « Si les revendications du monde agricole sont légitimes et compréhensibles, nous déplorons et condamnons avec fermeté la violence avec laquelle des camions ont pu être arraisonnés et vidés de leurs cargaisons sur la route, parfois même incendiés en présence des forces de l’ordre sans qu’elles n’interviennent », s’est insurgé Saint Charles International, plateforme située à Perpignan où transitent de nombreux produits en provenance d’Espagne ou de pays tiers (dont le Maroc). Le 29 janvier, l’AOPNn Tomates concombres de France condamnait un accord de libre-échange jugé trop favorable au produit marocain : contingent tarifaire à droit nul de 285 000 tonnes du 1er octobre au 31 mai, réduction de tarif de droits de douane ad valorem de 60 % de juin à septembre, prix d’entrée conventionnel de 0,461 euro/kg du 1er octobre au 31 mai.

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La filière marocaine réagit

Les actions des producteurs français à la frontière n’ont pas été bien accueillies dans le royaume chérifien. Les producteurs marocains de l’Apefel ont indiqué à l’agence Ecofin que les exportateurs locaux bénéficient de contingents annuels et de prix d’entrée fixés pour leurs produits : « Si les prix sont au-dessous de ces seuils, des taxes sont appliquées à l’entrée. Ces prix d’entrée augmentent durant la période de production européenne, dans le cadre d’une logique de protectionnisme », souligne l’association. En dehors de la période entre le 1er octobre et le 31 mai, les tomates marocaines profitent d’un abattement de 60 %, si le prix de vente n’est pas inférieur à ceux fixés par l’Organisation mondiale du commerce. « Si le coût est relativement bas, et que l’exportateur peut se permettre de payer les tarifs douaniers, cela signifie que le marché est demandeur de ses produits. Les exportations marocaines répondent donc à une demande réelle sur le marché français », explique l’Apefel. En tout état de cause, la filière marocaine considère que les Français se trompent de cible : « Au lieu de faire la guerre contre un importateur X ou Y, ils devraient s’attaquer à la différence des prix entre celui donné au producteur et celui facturé au consommateur. Les vrais responsables sont les grandes surfaces, pas nous », expliquait un représentant des producteurs de la région d’Agadir dans un article du journal Le Monde le 2 février.

« Le marché est demandeur de ses produits »