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Politique agricole française François Fillon : « L’agriculture française a de l’avenir »

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Lors d'un déplacement le 2 septembre à Mortagne-au-Perche dans l'Orne sur une exploitation agricole, le Premier ministre, François Fillon, a fait le point sur presque cinq ans d'action au service de l'agriculture. Devant des représentants syndicaux anxieux, François Fillon, accompagné du ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a défendu les décisions de son gouvernement, de la contractualisation au maintien des budgets de la Pac après 2013. La sécheresse et ses effets sur les filières de l'élevage ont aussi été évoqués. François Fillon a rappelé que Bruno Le Maire devait faire des annonces le 7 septembre pour remédier à la crise touchant les fruits et légumes. Enfin, défendant la contractualisation, le Premier ministre a décidé qu'elle « devrait être la règle pour sécuriser les prix et les volumes des productions et donc les revenus des agriculteurs ».

«L'agriculture française a de l'avenir », a déclaré le Premier ministre, François Fillon, lors de sa visite d'une exploitation agricole à proximité de Mortagne-au-Perche dans l'Orne le 2 septembre. Souhaitant rassurer les agriculteurs, suite aux graves crises qu'ont traversées les filières depuis quelques mois, le Premier ministre a présenté un bilan, selon lui positif, de l'action de son gouvernement vis-à-vis de l'agriculture.

Réactivité face à la sécheresse

Rappelant que le versement des premiers acomptes pour « calamités prairies » commencerait le 15 septembre, François Fillon a souligné la précocité de ces paiements aux agriculteurs en comparaison avec les années précédentes. « Nous mobiliserons le Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) autant que nécessaire, sans plafonnement », a aussi indiqué le Premier ministre. Il est ensuite revenu sur les mesures d'urgence prises par le gouvernement, telle la fauche des jachères, et a salué la solidarité agricole en évoquant les opérations de transfert des pailles. Enfin, Bruno Le Maire a abordé la possibilité de modifier les méthodes de calcul concernant les aides allouées aux exploitations en difficultés. En effet, constatant que l'élevage à l'herbe avait cette année été durement touché par la sécheresse et qu'il ne bénéficiait que d’une part réduite des aides, le ministre de l’Agriculture a dit vouloir « examiner au cas par cas les exploitations pénalisées et améliorer le dispositif pour les prochaines années ».

Améliorer l’organisation des filières

En attendant les annonces que Bruno Le Maire devrait faire le 7 septembre pour soutenir la filière fruits et légumes, François Fillon a déclaré souhaiter améliorer l’organisation des filières. « Nous avons décidé que la contractualisation devrait être la règle pour sécuriser les prix et les volumes des productions et donc les revenus des agriculteurs », a d’ailleurs déclaré le Premier ministre. Ce dernier a aussi suggéré d’appliquer cette « règle » aux productions bovines afin notamment de sécuriser les prix de leurs approvisionnements en fourrages. De plus, selon François Fillon, on ne peut pas imaginer la nouvelle Pac sans règles pour protéger les agriculteurs du marché. Il a ensuite souligné le « combat » de la France, emmenée par Bruno Le Maire, pour maintenir le budget de la Pac après 2013 à son niveau antérieur.

Mettre un terme aux distorsions de concurrence

Mais, outre les outils de régulation de marché, qu’il souhaite voir mis en place dans la nouvelle Pac, François Fillon a déclaré qu’il fallait être vigilant dans les négociations commerciales, au principe de réciprocité, notamment en ce qui concerne l’ouverture du marché européen. A ce sujet il s’est dit totalement opposé aux négociations avec le Mercosur, jugeant que l’ouverture du marché européen aux produits de cette zone constituerait une concurrence déloyale. Enfin, pour tenir son engagement sur des mesures d’allégement de charges sociales sur les salariés permanent de l’agriculture, François Fillon a indiqué que le député Bernard Reynes conduirait prochainement une délégation parlementaire à Bruxelles pour négocier ce dossier au niveau européen. Ceci afin d’éviter que les agriculteurs soient obligés de rembourser ces allégements dans les prochaines années.

Un contexte électoral propice aux sorties sur le terrain

C’est sur fond d’élection sénatoriale, le 25 septembre, et présidentielle, le 22 avril 2012, que le Premier ministre s’est déplacé pour vanter le bilan agricole de son gouvernement. Aura-t-il su convaincre un monde agricole de plus en plus en proie aux distorsions de concurrence avec l’étranger et aux rapports de force avec la grande distribution? Une chose est sûre, les élus locaux auront été sensibles aux déplacements coup sur coup du président de la République, Nicolas Sarkozy, et du Premier ministre, à un mois d’intervalle, dans ce petit village de Mortagne-au-Perche. La sénatrice de l’Orne, Nathalie Goulet, de l’Union Centriste, dont le siège sera bientôt remis en jeu, voit ainsi l’UMP chasser sur ses terres. Pour la présidentielle, les représentants du monde agricole ont cependant dit vouloir attendre de voir se mettre en place les promesses du gouvernement au sujet de l’agriculture pour lui apporter leur soutien le cas échéant.

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