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François Houllier déclare briguer un nouveau mandat de p.-d.g. de l’Inra

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Dans une interview accordée à Agra Presse, l’actuel p.-d.g. de l’Inra annonce officiellement briguer un second mandat à la tête de l’Institut de recherche agronomique (Inra). « Je souhaite être candidat à un second mandat de président-directeur général de l’Inra », dit-il. Sa candidature se situe en concurrence de celle, présumée, de Philippe Mauguin, directeur de cabinet du ministre de l'Agriculture et qui a effectué une partie de sa carrière dans la recherche (Ademe, ministère de la Recherche). « En quatre ans, affirme François Houllier, avec l’équipe qui m’entoure, nous avons réalisé beaucoup de choses mais certaines sont en cours et il faut les poursuivre, tandis que d’autres projets doivent être lancés ».

Votre mandat de quatre ans arrive à échéance le 27 juillet prochain. Qu’avez-vous l’intention de faire à ce moment ?

Je souhaite être candidat à un second mandat de président-directeur général de l’Inra. En quatre ans, avec l’équipe qui m’entoure, nous avons réalisé beaucoup de choses mais certaines sont en cours et il faut les poursuivre, tandis que d’autres projets doivent être lancés.

Quelles sont les réalisations que vous mettrez en avant auprès de ceux qui doivent nommer le patron de l’Institut ?

D’abord, nous avons beaucoup travaillé sur le dossier de l’agroécologie, qui constitue l’une des priorités du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Un dossier que nous avons fait converger avec celui de la multi-performance de l’agriculture et des exploitations. L’agroécologie correspond aujourd’hui à un véritable ensemble de pratiques scientifiquement reconnues. C’est principalement grâce aux travaux de l’Inra, pour qui l’agroécologie est une priorité de recherche depuis plus de dix ans.

A cela on peut associer nos recherches sur le changement climatique, ce qui nous a permis d’être très présents lors de la Cop21 avec le programme 4 pour 1000, qui vise à augmenter la séquestration du carbone dans les sols agricoles pour en améliorer la qualité tout en réduisant les émissions de CO2. Ce programme, qui est né de la contribution de deux chercheurs de l’Inra, commence à avoir une grande reconnaissance au niveau international. Mais aujourd’hui, il faut aller plus loin, en particulier pour préparer la Cop22.

Nous avons aussi été très actifs sur la valorisation de la biomasse pour contribuer à la feuille de route sur la bioéconomie. Une stratégie nationale sur ce sujet devrait paraître à la fin du semestre en cours. Enfin, nous avons jeté les jalons de programmes scientifiques ambitieux, notamment au travers des rapports, « Agriculture-Innovation 2025 » remis en octobre 2015, et son pendant forestier, le document « Forêt bois recherche innovation 2025 » que je viens de remettre aux ministres de l’Agriculture et de la Recherche, et qui a été réalisé avec les membres de la filière.

Tout ceci correspond à des programmes lancés et qui ne sont pas prêts d’être finis…

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Tout-à-fait, c’est pourquoi je dis qu’il reste beaucoup de travail à faire pour lequel je souhaite rester impliqué et je pense avoir un rôle utile.

Quels projets regrettez-vous de ne pas avoir suffisamment fait avancer et qu’il faudrait, justement, développer davantage ?

Le premier sujet concerne la nutrition. Avec AgroParisTech, nous avons en Ile-de-France le plus grand pôle européen sur la science de l’alimentation mais nous ne l’avons pas suffisamment fait reconnaître. Notre visibilité mériterait d’être plus importante. Le deuxième sujet concerne le lien avec les universités. Nous devons renforcer ces liens, notamment dans le cadre des initiatives d’excellence qui associent des universités et des instituts de recherche. Certains sont bien avancés, d’autres le sont moins, notamment dans l’Ouest où nous avons, pourtant, des labos de grande qualité. L’objectif est de constituer des ensembles plus visibles sur la carte mondiale de la recherche. Le troisième sujet est international, justement. Je rappelle que 50% des publications impliquant des chercheurs de l’Inra sont cosignées avec des étrangers, permettant ainsi à l’Institut d’être parmi les tout premiers instituts de recherche agronomiques du monde en restant leader européen et ce, malgré une présence chinoise croissante. Nous devons participer davantage à des laboratoires internationaux, dans la continuité des trois créés sous ma présidence avec la Chine, le Mexique et le Québec. Nous devons aussi poursuivre le dialogue international avec les principales puissances scientifiques en agronomie comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada que j’ai reçues à Montpellier au début du mois de mai.

Pensez-vous qu’il faille regrouper des instituts de recherche en France, par exemple l’Irstea et l’Inra ?

Ce qui est sûr, c’est que nos domaines de recherche sont extrêmement complémentaires et qu’il serait déplacé de parler d’ « absorption » ou de « fusion ».

De nouvelles technologies très prometteuses arrivent dans l’univers agricole, comme le big data, l’impact des drones, le « gene editing », etc. l’Inra est-il préparé à ces nouvelles dimensions.

Ces nouvelles technologies vont bousculer la manière de faire de la recherche. Nous devons impérativement être présents sur ces nouveaux fronts. Nous travaillons d’ailleurs de plus en plus avec Inria, l’institut dédié au numérique.