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François Purseigle : « Les valeurs humanistes restent très fortes chez les agriculteurs »

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Ce que les agriculteurs transmettent à leurs enfants, ce n’est pas forcément l’exercice d’un métier – de moins en moins – ou une exploitation agricole, ce sont aussi des valeurs, constate le sociologue François Purseigle, qui faisait une allocution sur le thème de la transmission chez les agriculteurs, lors de la présentation de l’édition 2019 du Salon de l’agriculture le 16 janvier.

« Les valeurs humanistes restent très fortes chez les agriculteurs. C’est dans cette catégorie socio-professionnelle que le rétablissement de la peine de mort est le plus rejeté », constate ce spécialiste du monde agricole, sur la base d’études effectuées par le Cevipof (Sciences Po). De même, le « travail » demeure une « valeur centrale » chez les agriculteurs, tout comme subsiste la valeur d'« ancrage dans les territoires ». La question de l’environnement, elle, « fait de plus en plus valeur chez les jeunes », tout comme la famille, observe François Purseigle : « Aujourd’hui être chef d’exploitation, c’est être père de famille, passer du temps avec sa famille, notamment parce qu’elle ne va plus de soi, elle est plus incertaine qu’avant. Cela change beaucoup la donne, notamment dans l’engagement des agriculteurs dans les organisations professionnelles. »

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Par ailleurs, pour François Purseigle, la transmission, celle des exploitations cette fois, « se fera différemment » d’avant car « les agriculteurs sont de moins en moins nombreux » et les transmissions sont, selon lui, « de moins en moins subies ». Par exemple, aux systèmes de polyculture élevage, se substituent aujourd’hui des phénomènes de « transmissions partielles », observe-t-il. Dans l’Oise, abonde le président du Salon de l’agriculture Jean-Luc Poulain, s’observent aujourd’hui des « reprises partielles, sur des projets de maraîchage, ou de vente de fleurs, concernant 15 ha, alors que la ferme fait 400 hectares ».

Gilles Drouet, éleveur de la vache égérie du salon cette année, remarque que son fils, qui s’intéresse à la reprise de son exploitation, est très spécialisé dans la génétique : « On lui met deux clés dans la main, il ne sait pas quoi en faire », plaisante-t-il.