Le deuxième groupe sucrier français perd son patron, Frédéric Rostand, que l'actionnaire de Saint Louis Sucre, l'allemand Süducker, vient de remercier. La présidence du directoire du groupe est assumée par intérim par Carsten Stahn, qui avait été récemment nommé directeur général.
La tourmente liée à la réforme de l'OCM sucre aura eu raison du maintien à son poste de Frédéric Rostand, président du directoire de Saint Louis Sucre. La semaine dernière, les salariés du numéro 2 français du sucre l'ont appris par un communiqué laconique signé du groupe allemand Südzucker, à qui appartient l'entreprise : « le groupe Südzucker et Saint Louis Sucre remercient Frédéric Rostand pour sa contribution au développement et à l'internationalisation du groupe ». La fonction de président du directoire est confiée provisoirement, a annoncé le groupe, à Carsten Stahn, qui avait été nommé directeur général il y a à peine deux mois.
L'indice de restructurations supplémentaires ?
Ce départ, qui intervient en pleine phase de restructuration dans l'industrie sucrière européenne, du fait de la réforme de l'OCM lancée l'été dernier, ne laisse pas d'inquiéter les syndicats. Alors que le groupe allemand Südzucker a lui-même annoncé qu'il allait fermer deux usines en Allemagne, que la co-entreprise entre Tate and Lyle et Saint Louis, Eastern Sugar, songe à fermer 5 de ses usines en Europe de l'Est, le groupe Saint Louis a parlé lui-même d'arrêter l'activité raffinage de sucre de canne à Marseille au 1 er octobre 2008. Les syndicats, qui craignaient à vrai dire, une fermeture complète du site marseillais qui a également une activité de conditionnement (1), interprètent maintenant le départ de Frédéric Rostand et la reprise en main qui va s'ensuivre par l'actionnaire allemand comme le prélude à une restructuration beaucoup plus importante de l'entreprise. Selon un représentant de la CFDT, une réorganisation interne engagée depuis 2001 en ouvre la voie : « le groupe Südzucker a mis cinq ans à bâtir chez Saint Louis un réseau informatique entièrement contrôlable d'Allemagne. Aujourd'hui seul le personnel assurant la maintenance des usines est véritablement nécessaire », explique-t-il.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Frédéric Rostand, qui avait assumé les fonctions de directeur financier de Saint Louis avant de se voir confier la présidence du directoire lors de l'arrivée de Südzucker au capital, n'aura de toute façon pas à présenter les résultats de l'exercice qui vient de se clôturer en février 2007. Déjà, lors de l'exercice 2005-2006, il avait dû annoncer une baisse de 30 % de son bénéfice autour de 64 M EUR pour un chiffre d'affaires tout juste maintenu à 1 milliard d'euros. Il assurait toutefois être l'un des mieux placés pour procéder à un recentrage bénéfique sur le marché européen et à des investissements dans les nouvelles filières alcool et éthanol.