A l'heure où se mitonnent des menus de fête qui feront la part belle aux champagnes, foie gras, truffes au chocolat, l'esprit alimentaire français a été célébré en grande pompe par ses « Amis », le 15 décembre. Aux yeux du premier d'entre eux, le président de l'Ania Victor Scherrer, le modèle alimentaire français se définit non seulement par la sécurité, mais par le goût, le plaisir, la diversité, le terroir, un mot sans équivalent en anglais, remarque-t-il, ainsi que par un esprit scientifique, promoteur d'innovation. Les consommateurs à travers le monde ne s'y trompent pas, qui, assure-t-il, « plébiscitent » chaque jour les produits hexagonaux, même en les payant un peu plus cher.
Mais quid des consommateurs indigènes qui adoptent, sans vergogne, les mœurs alimentaires d'outre-Atlantique ? La remise de Trophées à des lauréats qui contribuent au rayonnement de la culture alimentaire française, doit leur permettre de mieux se rendre compte du privilège qu'ils ont d'avoir une industrie tournée vers les terroirs et les traditions, fait valoir Victor Scherrer. Et de rappeler au passage que ce « muscle économique » doit être aidé, tout particulièrement à l'exportation, où les entreprises perdent du terrain.
Les trois lauréats de la première édition des Trophées sont : l'écrivain britannique Peter Mayle, le restaurateur japonais Hiroyuki Hiramatsu, et la Mère Noëlla Marcellino, religieuse bénédictine aux Etats-Unis et docteur en microbiologie, à laquelle nous décernons une mention spéciale. Il faut, en effet, de la persévérance pour défendre (et fabriquer depuis vingt ans dans son abbaye) des fromages au lait cru dans un pays où ils sont soupçonnés de bien des maux. Sur cette note optimiste, bonnes fêtes !