Le torchon brûle entre la Commission et plusieurs Etats membres, dont la France, ce qui augure mal des six mois à venir de présidence française. C’est à propos du thon rouge dont la pêche doit cesser en Méditerranée. Les quotas seraient atteints bien avant la fin de la saison, soutiennent les services du Commissaire chargé de la pêche. « Des preuves », a réclamé en vain le ministre français Michel Barnier qui voulait voler au secours d’une profession déjà mise à mal par la flambée du gazole. Mais sans oser exiger un vote du Conseil – au résultat incertain – pour annuler l’interdiction. Un autre commissaire, Günter Verheugen, chargé de l’Industrie, mais qui est aussi co-président du Conseil économique transatlantique, se met à dos 26 sur 27 Etats membres en voulant rouvrir le marché de l’UE aux poulets chlorés américains. Son obstination, qui indigne autant le Parlement que les industriels, est un mauvais présage au moment où la France dépose un mémorandum sur les conditions sanitaires d’importation des aliments dans l’Union. Les standards européens sont des garanties minimales auxquelles les consommateurs ne sont pas prêts à renoncer et qu’il faut donc appliquer mieux aux frontières. La difficulté sera de tenir cette position au moment où l’Europe reproche à d’autres d’abuser de leurs propres barrières sanitaires. Et parmi eux la Russie qui, après un long embargo sur la viande polonaise, ferme la porte depuis des mois à des viandes de porcs danois et maintenant à celles du Français Cooperl et aux viandes de volailles du groupe Doux. Comme par hasard à la veille d’un sommet UE-Russie où bien d’autres enjeux politiques risquent de prendre le dessus.

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