Le taux de vaches de race abondance recule régulièrement au sein de l’AOP du fromage éponyme. Des mesures sont prises par le syndicat professionnel pour inverser la tendance.
Le Syndicat du fromage abondance a alerté le 18 juin sur la réduction continue du cheptel de vaches abondance. En 2020, le taux de vaches abondance était de 49,29 % parmi les troupeaux habilités avant 2012, contre 47,51 % en 2025. Or « le cahier des charges de l’AOP fromage abondance exige un taux minimum de 45 % de vaches abondance », rappelle Joël Vindret, directeur général du syndicat. Si le taux n’était pas maintenu, cela mettrait en difficulté les 178 éleveurs qui doivent respecter le seuil de façon globale, et non un par un. Rappelons qu’individuellement, les règles ne sont pas les mêmes pour tous ; parmi eux, une dizaine n’élèvent pas de vaches abondance ; et 50 éleveurs habilités après 2012 doivent déjà respecter individuellement les 45 % pour leur troupeau.
Pour expliquer cette situation qui se manifeste par un glissement lent mais continue année après année, Joël Vindret avance plusieurs facteurs. « La baisse vient du prix plus élevé de l’abondance par rapport à la montbéliarde et de sa moindre disponibilité à cause des éleveurs de génisses de moins en moins nombreux pour cause de départs à la retraite », souligne-t-il. Deux autres races de vaches laitières sont autorisées dans le cahier des charges de l’AOP abondance : la montbéliarde et la tarine. Pourtant, l’abondance présente des points forts selon le syndicat : c’est une « championne de longévité » avec « une abondance sur 23 toujours productive en 8e lactation et plus, contre une montbéliarde sur 50 et une prim’holstein sur 310. Son lait est aussi réputé pour sa grande qualité fromagère : riche en protéines (taux protéique : 33,1 ‰) et en matières grasses (taux butyreux : 36,7 ‰). »
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Sensibiliser les éleveurs
Pour enrayer cette baisse, le syndicat du fromage abondance a mis en place un plan de développement de la race pour sensibiliser les éleveurs à cet enjeu. Avec l’Organisme de sélection des races alpines réunies (OSRAR) et l’Interprofession laitière des Savoie (ILS), il a pris plusieurs initiatives comme la prise en charge à 50 % des embryons sexés à hauteur de 600 doses en 2024, et à hauteur de 900 doses en 2025. Ces aides ont représenté un budget de 20 K€ en 2024 et 35 K€ en 2025. « Les effets sur la préservation de la race se font déjà sentir : progression de 36 % de doses sexées chez les adhérents du syndicat du fromage abondance versus 18 % chez les éleveurs de vaches abondance », selon le syndicat. Mais il faudra attendre janvier 2026 pour mesurer l’impact du plan et constater si le taux d’abondance repart à la hausse parmi les 178 éleverus concernés.
Autre solution envisagée par le syndicat : encourager les vocations parmi les éleveurs, notamment ceux qui arrêtent la production de lait, pour qu’ils élèvent des génisses de race abondance.