Au mois de mars, l’indice des prix agricoles enregistre une hausse de 10,6 % des prix payés aux producteurs de fruits et légumes frais, notamment grâce à une plus forte mise en avant de l’origine France.
Les prix payés aux producteurs de fruits et légumes frais ont augmenté de 10,6 % en un an, selon l’Indice des prix agricoles (IPPAP) publié par l’Insee le 30 avril. Cette hausse constatée entre mars 2019 et mars 2020 est particulièrement vraie pour la filière légumes avec un bond des prix à la production de 21,1 %. D’après l’Insee, cela est dû à « de fortes hausses des prix des salades, concombres et endives ». Cela s’explique également par « l’effet de coûts de production plus élevés » et par la préférence accordée aux produits d’origine France durant le confinement, indique la note de conjoncture d’Agreste (ministère de l’Agriculture) du mois d’avril. Exception faite de l’asperge qui « pâtit toutefois de la faiblesse de la demande en mars, notamment au début de la crise sanitaire ».
En fruits frais, les prix perçus par les producteurs ont augmenté de 0,8 % selon l’IPPAP. « Les hausses de prix des pommes et des poires étant en partie compensées par la forte baisse des prix des fraises », explique l’Insee. Un constat partagé par Agreste, qui remarque également au passage que le cours des kiwis était particulièrement dynamique durant le mois de mars.
Pour sa part, FranceAgriMer observe, dans sa dernière note mensuelle de conjoncture, qu’en avril malgré une production croissante en fraises, asperges et tomates, « l’offre […] reste en deçà de la demande qui est très active ». Concernant la tomate, les consommateurs ont délaissé les petits calibres (cocktail et cerise) ce qui explique la baisse des cours, souligne l’organisme. Quant à la production d’endives qui arrive en fin de campagne, elle a eu à souffrir du manque de main-d’œuvre lors de la mise en culture, d’où les volumes faibles et les prix élevés.
Le Modef veut tout de même un coefficient multiplicateur
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Mais ces chiffres ne convainquent pas le Modef. « En fruits et légumes, l’augmentation des prix est spectaculaire alors même qu’à cette période ils devraient diminuer comme la production monte en puissance », déplore le vice-président du Modef Raymond Girardi, interrogé le 27 avril par Agra Presse. Sans remettre en cause les prix aux producteurs qu’il juge actuellement « raisonnables », le syndicat accuse la grande distribution de « profiter de la situation pour spéculer en augmentant fortement leurs marges déjà importantes et faire encore plus d’argent facile sur le dos des consommateurs et des agriculteurs, ce qui est un scandale ».
Un communiqué de presse cite en exemple « les fraises gariguette : prix producteur de 5 à 7 €/kg, prix à l’étalage 15 €/kg et plus » ou encore « les tomates : prix producteur 2,5 €/kg, prix à l’étalage de 6 à 7 €/kg ». Pour contrer ces « marges abusives », le Modef « exige que l’on mette en place immédiatement pour cette période exceptionnelle un coefficient multiplicateur comme il existait jusqu’en 1986. Ce coefficient avait été mis en place après la guerre 39/45 pour contrôler les marges des revendeurs qui profitaient de la situation de pénurie (pour les fruits et légumes ce taux était de 1,5 maximum) ».
« De fortes hausses des prix des salades, concombres et endives »