La filière des fruits et légumes est devenue depuis quelques semaines le cas privilégié des défenseurs de la TVA sociale ou emploi, « où la main d’œuvre pèse de 40 à 60% dans le prix de revient », a encore indiqué jeudi 12 janvier le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, lors d’une conférence de presse. Si la mise en place de la TVA Emploi peut « concourir à nous rendre plus compétitifs, – et nous la défendons –, ça ne fait pas tout et surtout, ça n’est pas une mesure qui permettra de rattraper notre retard par rapport à nos voisins – Allemagne en tête, où notamment le Smic n’existe pas », confie Bruno Dupont, le président de la FNPF (Fédération nationale des producteurs de fruits). D’où la volonté du ministre d’aller vers une harmonisation sociale en Europe. Mais Angélique Delahaye, la présidente de la FNPL (producteurs de légumes), ne se fait guère d’illusions : « Si le ministre a bien travaillé dans ce sens dans le cadre phytosanitaire, concernant le coût du travail, je ne vois pas comment l’Allemagne pourrait accepter cela ». Pour les deux responsables de filière, la mesure susceptible d’améliorer leur compétitivité résiderait plutôt dans la résolution « des incohérences schizophréniques franco-françaises », selon Angélique Delahaye, en matière de regroupement. « D’un côté, le président de la République nous dit :“vous n’êtes pas bien organisés”, et de l’autre côté l’Autorité de la concurrence nous parle d’entrave au droit de la concurrence et de position dominante ». C’est le cas des producteurs d’endives, sous le coup d’une amende de 38 millions d’euros pour « entente sur les prix ». La décision sera rendue le 18 janvier. « L’Etat doit aller jusqu’au bout, comme il l’a fait avec le paquet lait et exempter notre secteur en matière de droit à la concurrence », a soutenu la présidente des maraîchers qui réclame également de rendre la déduction pour aléas (DPA) opérationnelle dans la filière pour parer à la fluctuation des cours. Bruno Dupont juge qu’« il nous faut aussi obtenir des outils pour innover, en matière de transformation, de stockage, etc. La recherche est primordiale pour aller conquérir, par exemple, les marchés qui ont du pouvoir d’achat ». La FNPL regrette de son côté certains accords bilatéraux de l’Europe avec des pays tiers, « comme le Maroc. Il faut plus de contrôle ou des compensations ».
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