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Fruits et légumes : quatre scénarios d'ici 2040

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Face au poids croissant des importations, au changement climatique et aux restrictions d’usages des produits phytosanitaires, la filière fruits et légumes doit repenser collectivement son avenir. Une étude prospective dessine quatre trajectoires possibles d’ici 2040.

La filière fruits et légumes doit se transformer collectivement pour éviter les impasses qui se dressent sur son chemin d'ici 2040, rapporte une étude prospective menée par le Ceresco et Agroclimat 2050, publiée le 9 septembre. Selon ses auteurs, l’adaptation doit être pensée à long terme, avec une approche transversale, par les acteurs structurants de la filière : interprofessions, syndicats, organisations de producteurs, grands acheteurs et pouvoirs publics.

Depuis plusieurs années, elle décroche face à la progression des importations, en provenance notamment de l’Espagne et du Maroc, où les coûts de production sont plus bas. À cette concurrence s’ajoute la multiplication des aléas climatiques qui peuvent affecter les rendements et la qualité des récoltes.

La filière doit également composer avec les restrictions de produits phytosanitaires, la perte d’attractivité des métiers agricoles dans un contexte de besoin en main-d’œuvre critique, ainsi qu’à un difficile renouvellement des générations. Le diagnostic révèle enfin des enjeux importants au niveau de la demande, avec un changement des habitudes alimentaires moins favorables à la consommation de fruits et légumes frais, et ce malgré une image très positive et leur bénéfice santé reconnu.

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Quatre trajectoires pour 2040

Pour anticiper les évolutions de la filière d’ici quinze ans, l’étude envisage quatre scénarios. Dans le premier, le renforcement de la souveraineté alimentaire européenne conduirait à une spécialisation des bassins de production, au prix notamment d’une moindre diversité et d’une marginalisation de certains acteurs (importateurs). Le second scénario, centré sur l’agroécologie, ne serait viable qu’avec un fort accompagnement économique et technique des producteurs.

Dans un scénario marqué par « une mondialisation accrue », l’agriculture de firme deviendrait la norme et donnerait la priorité aux grandes cultures au détriment des exploitations de fruits et légumes, dont le nombre chuterait drastiquement. Enfin, dans une logique de « reconquête opportuniste », la France tirerait parti du changement climatique pour gagner des parts de marché sur les « pays compétiteurs » de l’espace méditerranéen, confrontés à des problématiques d’accès à l’eau et des températures estivales excessives.

« Même si certaines évolutions semblent plus désirables que d’autres, aucun des scénarios ne met en avant une solution magique », souligne l’étude. Chaque trajectoire peut en effet présenter des effets indésirables. En outre, quelle que soit l’orientation adoptée, l’étude conclut que l’adaptation au changement climatique sera un passage obligé pour la filière.

La filière connaît un décrochage ces dernières années