Interfel, pour les fruits et légumes frais, et l’Anifelt, pour les produits transformés, ont rendu un plan de filière commun qui vise à augmenter la consommation de fruits et légumes. Les acteurs ont compris qu’ils devaient travailler de concert pour répondre aux attentes des consommateurs. Ils espèrent que les pouvoirs publics les accompagneront.
Pour les acteurs des fruits et légumes, l’union fait la force. Ainsi, Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, et l’Anifelt, l’interprofession des fruits et légumes transformés, ont rendu un plan de filière commun. « Nous avons décidé de nous rapprocher car nous avons les mêmes objectifs : que les Français consomment des fruits et légumes, frais, en jus ou en compote… », explique Bruno Dupont, président d’Interfel. Un rapprochement remarqué par le ministère de l’Agriculture qui a salué la cohésion de la filière. Mais pour les professionnels des fruits et légumes, distribuer des bons points ne suffit pas. Ils demandent à l’État un soutien financier. « Notre filière représentant environ 25 % du chiffre d’affaires de la ferme France, cela justifie que, pour l’ensemble de la filière, le plan d’investissement annoncé de 5 milliards d’euros puisse conduire à un fléchage à hauteur de 1,2 milliard pour les fruits et légumes », considère-t-il.
Objectif : 400 grammes de fruits et légumes par jour
Le plan de la filière, « ambitieux, pragmatique et opérationnel », vient s’inscrire dans la continuité des actions et orientations fixées par « l’ensemble de la filière depuis 3 ans ». L’objectif est clair : contribuer à l’augmentation la consommation des fruits et légumes pour que d’ici 2023, tous les Français consomment 400 g de fruits et légumes par jour – soit 5 portions – comme le recommandent les pouvoirs publics. Aujourd’hui, seul un quart des Français respecte cette quantité. « Nous devons profiter de l’état d’esprit actuel pro-végétal des consommateurs », estime Bruno Dupont. Mais pour en tirer le meilleur, la filière est consciente qu’elle a du travail à fournir pour répondre aux attentes des consommateurs, et surtout pour « regagner leur confiance ».
Moins de phyto, plus de SIQO
Ainsi, parmi les objectifs des interprofessions : réduire l’usage des produits phytosanitaires. Le plan vise une baisse comprise entre 20 et 50 % d’ici 2030, en fonction du soutien accordé par les pouvoirs publics. Pour ce faire, la filière compte investir dans la recherche à travers son centre technique, le CTIFL, et les stations régionales. Les professionnels des fruits et légumes interpellent cependant les pouvoirs publics, leur rappelant que « l’état de la recherche publique en fruits et légumes en France s’est considérablement dégradé depuis 20 ans ».
Pour répondre aux attentes sociétales, le plan de filière fixe également une montée en puissance des produits sous signes officiels de qualité et du bio. Ainsi « 25 % en valeur des fruits et légumes frais » seront commercialisés « sous signe de qualité et d’origine (SIQO), dont bio, d’ici 5 ans », explique Interfel. Plus largement, 50 % en valeur des fruits et légumes devraient être « issus de la certification environnementale » à la même échéance.
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30 % de volumes contractualisés
La contractualisation fait également partie des sujets essentiels du plan. Pas de grande nouveauté pour les fruits et légumes transformés puisque « les volumes et/ou surfaces sont contractualisés à 100 % entre les acteurs de la production et les industriels avant campagne ». Pour le frais en revanche, le plan de filière propose des solutions à l’échec de la contractualisation obligatoire mise en place avec la loi de modernisation agricole de 2010. Interfel propose une contractualisation facultative, avec un dispositif incitatif qui devrait conduire à la contractualisation de 30 % des volumes de fruits et légumes frais d’ici 5 ans. Dès début 2018, Interfel souhaite la conclusion d’un accord interprofessionnel qui préciserait que les contrats doivent mentionner la durée (au moins un an ou une campagne), les volumes, et des « mécanismes de fixation des prix (prix ferme, système de partage des risques en fonction du prix du marché, tunnel de prix, etc.) ».
Interfel et Unifelt : une union poids lourd
Les professionnels des fruits et légumes espèrent que l’État prendra, comme eux, ses responsabilités et qu’il les accompagnera dans le déploiement de leur plan de filière. Dans le pire des cas, les Etats généraux de l’alimentation auront au moins servi à créer des synergies entre les acteurs. Avec ses 14 familles, Interfel représente 84 % de la filière amont et 67 % de l’aval. L’Anifelt de son côté représente pour le moment 78 % des volumes de légumes transformés et 35 % des volumes de fruits transformés. Mais le plan de filière fixe parmi ses objectifs celui de voir l’Anifelt représenter, d’ici 3 ans, 89 % des légumes transformés et 88 % des fruits transformés. Si elles continent leur travail commun, les deux interprofessions pourraient bien constituer un poids lourd de l’agriculture française. De quoi peser dans les dialogues avec les pouvoirs publics.
Les filières fruits et légumes revendiquent 1,2 Mrd€ sur les 5 Mrd€ que compte le plan d’investissement
La conclusion d’un accord interprofessionnel sur la contractualisation dès début 2018