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Fruits et légumes : une méthode pour évaluer le coût de la relocalisation

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Des chercheurs ont tenté de calculer « le montant théorique de l’aide publique régionale qui serait nécessaire pour relocaliser jusqu’à 10 % de la consommation de fruits et légumes en Occitanie », dans une étude publiée en avril, dans la revue Economie rurale. Ils ont d’abord « estimé », dans un contexte de manque de données, les flux de commerce de fruits et légumes de la région sur la période 2015-2019 : les flux interrégionaux et ceux avec le reste de la France. Ensuite, grâce à une simulation, ils ont conclu qu’ « une subvention ad valorem de 25 % permettrait d’atteindre 10 % de la consommation moyenne de fruits et légumes en Occitanie, soit une augmentation de 6 points de pourcentage par rapport à la situation en 2015-2019 ». En effet, sur la période, l’offre locale pèse 4 % des « 606,5 milliers de tonnes » consommées par la région. Cette subvention de 25 % représenterait « 13,3 % du budget de la région alloué à une agriculture de qualité et de proximité en 2021 », c’est-à-dire 13,3 % de 117 M€ : environ 15,5 M€. « L’Occitanie est importatrice nette de fruits et légumes en provenance » de l’UE et du monde, écrivent-ils.

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Sur la méthode, ils préviennent qu’une comparaison avec des données Agreste « suggère » une possible surestimation des flux intra ou inter-régionaux (de leur côté). Cet écart peut notamment « s’expliquer par les réexportations », compliquées à prendre en compte faute de sources précises. D’autant que la région abrite « le marché international de gros Saint-Charles de Perpignan », « premier centre européen de commercialisation, transport et logistique en fruits et légumes frais », où transite plus de 1,6 Mt venant « du reste du monde (Espagne et Maroc principalement) et destinées majoritairement à la réexportation ». Ces flux sont « enregistrés comme des importations de l’Occitanie car les douanes françaises ne prennent pas en compte la destination finale ». Cette surestimation des flux peut « biaiser » la simulation : « prudence » donc.

Ils ont calculé la subvention permettant de relocaliser 10 % de la consommation